M. Thiers. III' partie
« F>E RÉGIME MODKKNE ... \,\ MALADIE ET l,A MOUT 2ô'.i ou bien c'est que la chasse aux n'f racla ires a été particulièrement active en 1801)?
Encore merci et grand merci. L'histoire teUe que vous la faites avec tant de pièces inédites et précieuses est la certitude qui m'attache le plus.
Croyez-moi toujours votre très obligé et dévoué serviteur.
A AI. GEORGES FONSEGHIVE^
Moiithon-Sniiit-neiiiard. 18 juin ISS7
Monsieur,
.Je vous suis très obligé de l'envoi que vous avez bien voulu me faire*; rien de plus mérité que votre couronne académique; d'un bout à l'autre, en vous lisant, j'ai admiré la vigueur de votre dialectique et l'abondance de votre érudition.
Vous savez, dites-vous, que mes conclusions ne sont pas les vôtres. Probablement, si vous et moi nous différons sur le libre arbitre, c'est que nos méthodes de recherche ne sont pas les mêmes. A mon avis, en toute recherche, et notamment en psychologie, le premier pas consiste à préciser le sens exact des mots usuels et
1. Philosophe, professeur de l'Université, ancien directeur de la Quinzaine.
2. Essai sur le libre-arbitre, sa théorie et son histoire, ouvrage couronné par l'Académie d(>s Sciences morales et politiques, Paris, in-S>, 18S7.
plus OU moins littéraires que l'on emploie, par exemple dans voire dédnilion (p. âl? et 518) le sens exact des moii^ pouroir, possibililé, détermine, nécessité, l'homme ou le moi, etc. Cette opération très délicate s'exécute par deux voies : l"par l'examen de castrés circonstanciés, de petits laits s|)écimens bien palpables et bien tranchés, dans lequel le caractère noté par le mot est inclus; on assiste alors à la genèse actuelle de l'idée en question; 2° par l'étymologie en français et dans les autres langues, en lemontanl aussi haut que possible dans les langues mères ; on assiste ainsi à la genèse historique de l'idée en question. Cela fait, presque toutes les difficultés sont levées et on s'aperçoit souvent que le problème réputé insoluble n'était qu'une question de mots, une illusion verbale. Selon moi, rien n'est j)lus fécond en illusions de ce genre que les mots substance, âme, moi, force, cause, pouvoir, nécessité, liberté; ce sont des idola specus que f;iit évaporer l'idéologie.
Agréez, Monsieur, etc.
A MMiAMI II. lAINE
Champol. 1'' .jiiillt'l 1SX7
... Je ne sais si c'est le changement d'air; mais, à peine
arrivé ici, je me trouve dans une sorte de torpeur qui
n'est pas sans bien-être; l'air est plus plein, plus épais.
H l,E RÉGIME MODERM: ». I.A MAI.AIHK Eï I.A MlHti 'l'A moins rare, moins excitant. Est-ce une imagination'.' Je retombe sur mon vieux fonds bouddhique; les gens qui se remuent autour de moi me semblent des figures de rêves; et ma propre vie me semble un rêve, rêve terne pacifié, lent.
Quand vous écrirez à Boutmy, priez-le, de ma part, de m'apporter, s'il le peut, dans sa malle, les discoui-s de Portails sur le Code civil cl un premier livre du Code civil, écrit par ce même Portails, mais non inséré dans le Code, comme tro[j théorique et composé de définitions.
A F. MEIZSCUE
Clianipul-siii'-Aivc, (iLMirvc 12 juillcl 1<SS7
A mon grand regret. Monsieur, j'étais absent quand vos deux volumes' sont arrivés chez moi, et je suis encore à Cenève occupé à suivre une cure hydi'othérapique. Je n'aurai le plaisir de vous lire qu'à mon retour. Vous êtes plus au courant que moi de la littérature française contemporaine, car je ne connaissais pas l'article de M. Barbey d'Aurevilly dont vous me parlez. Je suis très heureux que mes articles sur Napoléon vous aient paru vrais, et rien ne peut résumer plus exactement
1. Morgenrôlhe, Gedankeii ïibcr die Moralisclien Voruilheilcu, Leipzig. 1887. — Die Fniliche Wisscnschaft, mêmes lieu et date.