‹ Sa vie et sa correspondance (volume 2)Chapitre 84 sur 127 · Écrivains /'ranciscs, Paris, t88D · texte numérisé non relu

Écrivains /'ranciscs, Paris, t88D

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A mon sens, M. Heniieijuin ;i beaucouji d'idées personnelles, une originalité véritable, une force de compréhension et de coordination qui est rare. Tout ce qu'il a écrit donne à penser et vaut la peine d'être lu ; sur vingt criti(pios, il n'y en a pas deux dont je [)ourrais eu dire autant. Quant à la forme et au style, son défaut, si je ne me trompe, est d'étaler ses procédés lecliniques; il fait sa cuisine dans la salle à manger ; il est possible que cela soit aujourd'hui dans le goût des convives ; à vous d'en juger, puisque vous tenez la table d'hôte.

Vous savez qu'en fait de leconmiandations, je me fais un devoir el un scrupule de dire ma pensée exactement et toute entière ; vous l'avez là-dessus.

A M. G. PATINOT

Mfiitlioii-S;iiiil-beniard, 22 octobre 1887

Cher Monsieur, je vous remercie beaucoup de l'avis

que vous me donnez'. Je n'ai pas ici le imniéro du

Figaro, mais j'écris à la maison Hachette pour qu'elle

m'envoie ici le volume, aussitôt qu'il aura paru.

Bien entendu, si je réclame, c'est aux Débats que je demanderai l'hospitalité pour ma réponse. Pourtant, j'hésite encore à croire (jue M. de (loncoui't m'ait mis

1. A jiropns di' la iiublicalioii du .Imnniil dr.i Cmiaiurt, I. II. dans lequel élaienl l'elatés les eiilrelicns Umiiis jadis aux diiiers de Majjny, et où ligiirait M. Taiiie.

« \£ MAj\m MODEHNE ». I,.\ MAlAliIK ET I.A MOHT 255

en scène : vous savez qu'après la publication de sou premier volume, je lui ai écrit pour lui demander d'omedre dans le deuxième tout ce qui pouvait me concerner; je faisais ap[)el à sa loy;mté et à notre ancienne camai'adei'ie. J'ai gardé copie df ma lettre. l*ouvez-vous savoir si MM. Uenan, Bi-rtlielot, Scliérer (dont les paroles seront probablement ra|)portées et travesties) sont, comme moi, disposés à réclamer et publiquement? Votre très dévoué et très obligé.

AL VlCOMIt; E.-.M. DE VOGLE

MciiIlKin-Siiiiil-lteiiiard, 22 octobre 1887

Ijher Monsieur, nous sommes obligés de promettre, le jour de l'élection, que nous n'avons pris d'engagement envers aucun des candidats. Mais, cela ne me défend pas de vous dire que je suis cbarmé de vous voir entin candidat', (|u'aucune élection ne me fera autant de plaisir que la vôtre, et que je serais très heureux et très honoré d'être un de vos deux parrains. Vous trouvez que « votre bagage est léger » ; oui, pour le poids ; mais, pour la qualité, c'est autre chose. Par exemple, votre dernier article sur ce couvent russe, au milieu des betteraves et dc:^ machines à battre, a dû toueher

1. A l'Acadriiiic IVaiiçaiso. L'élu fui colto fois l'amiral .lurien (il' la Gravièrc. Le vicomte F.. -M. de Vofii'ié fut élu ou nnvoudjrc

1SS8 sur le f.iiilcuil do M. Msard (voir ci-dessous, paye 275).

au ('(Pur quiconque, avec le goùtcle la léalilé, a le seuliuit'iil de la grandeur poétique et philosophique.

l'résentez, je vous {)ri(', mon respect et les amitiés de ma femme à Mme de Vogiié, et croyez-moi votre très dévoué serviteur. Nous serons à Paris vers le 5 novembre, et j'espère vous voir pour causer avec vous des élections.

A M. GEORGES PATL\OT

Boringe. MenUion-Saint-Beniard, '20 octobre ISS"

Cher Monsieur, je viens de lire le volume'; <'t je suis de l'avis de Renan et du vôtre ; je ne réclameiai pas dans les Débats, ni ailleui-s. Aussi bien, les indiscrétions qui me concernent ne sont pas offensantes ; une lois ou deux, on me fait dire le contraire de ce que je pensais et de ce que je pense; mais, sans intention mauvaise ; l'auteur, faute de culture suffisante, n'a pas compris ce qu'on disait devant lui. Je vous prie de croire que, si le dîner Magny avait été tel qu'on le représente, je n'y serais pas allé trois fois ; heureusement, outi-e les rédacteurs du journal en ((ueslion, il y avait Sainte-Beuve, Renan, Roliin, Rerthelot, NeflYzer, Schérer, Flaubert, parfois George Sand, des gens versés dans les sciences physiques ou naturelles ou philolo-

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