Le second \oluiiie du Juuriinl des Goiianul
« LE KÉGIME MODEKNE ». LA MALADIE ET LA MORT 2:.7 giques, dans la philosophie ou la théologie, sachant des langues et des littératures étrangères, l'antiquité classique, l'Orient, riiihtoirc; on causait de tout cela, et la conversation valait la peine d'être écoutée. Par malheur, elle passait par-dessus la tète des deux sténographes; leur horizon était horné par Gavarni, les petits peintres du xvui'' siècle et les bibelots japonais ; hors de ce cercle, il n'y avait rien pour eux, et depuis le centre jusqu'à la circonférence du cercle, tout était rempli par eux-mêmes. Reste rénoriiiité de leur indiscrétion ; vous savez que j'avais écrit à M. de Concourt, après son premier volume, pour le prier, en mémoire de notre ancienne camaraderie, de ne pas faire mention de moi dans le second; il l'a fait; tout est rompu entre nous; désormais, si je dînais encore en ville, je m'informerais au préalable, et je refuserais le dincr, s'il y était admis; il me semble que ses intimes et la princesse-Mathilde elle-même doivent, là-dessus, penser comme moi; parler devant lui, c'est s'exposer à retrouver dans un livre ou dans un feuilleton des paroles quon n a pas dites pour le public. A cet égard, je trouve son procédé surtout odieux envers Sainte- Beuve: Sainte-Beuve, qui a été paternel pour lui et pour son frère, qui, par ses deux aiticles si bienveillants, leur a domié leurs lettres de grande naturalisation en lillérature; Sainte-Beuve (jui, en fondant le dîner Magny, lui avait donné comme charte l'engagement de discrétion réciproque et perpétuelle. Voyez ses propres paroles dans les Nouveaux Lun-
H. TALNE. — i;ORRESPOND.V-NCt. IV, 17
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dis\ à propos d'une indélicatesse bien moins grave de M. de Pontmartin ; s'il vivait encore, je vois d'ici sa surprise et son indignation ; décidément, les mœurs littéi'aires deviennent sales!
A M. ANDRE CHEVRILLON
Paris, 8 novembre 1887
Mon cher André, j'ai pris Sydney Smith- à la Bibliothèque nationale le jour de mon arrivée, et je n'ai pas cessé de le lire. Voici des indications; mais si elles ne te suggèrent rien, s'il ne te vient pas d'idées dans ce sens ou dans un autre, si le goût et l'attrait te manquent pour ce travail, il est clair qu'il ne faut pas l'entreprendre. On ne fait bien un livre que si on l'aime d'avance, si on trouve le sujet inléiessant et fertile. Sinon cherche ailleurs ; la pente de chacun lui est personnelle. Entre autres raisons d'écrire sur Sydney Smith, il y a celle-ci, que par là lu apprendras à écrire; car le fond du sujet est une élude sur l'art d'écrire pour le public ordinaire, sur les procédés eflicaces par lesquels on agit sur le lecteur, pour le persuader et le convaincre en matière politique el religieuse. Sydney Smith y a très bien réussi ; cet art a toujours été cultivé en Angleterre ; c'est l'éloquence, non pas de païade, mais