AU VICOMTE E.-M. DE VOGUE
Doriiij^p, 20 octobre 1888 Cber Monsieur,
Je suis bien content d'apprendre que vos affaires académiques sont en bonne voie. Tous les renseignements quej'ai d'autre part concluent dans le même sens. Nous serons à Paris vers le 15, et je voterai certainement le 221.
Ma santé, à laquelle vous voulez bien vous intéresser, n'a pas été bonne; physiquement, î\ l'extérieur, et pour les fonctions animales, elle est passable ; mais dès que j'essaie d'écrire, la fatigue vient, puis l'excitation nerveuse et l'insomnie; je suis obligé d'enrayer aussitôt. Je suis d'une génération qui finit, remplacez-nous ; en fait de politique et d'affaires publiques vous n'aurez pas de peine à mieux faire ou à moins mal faire. Ce final du siècle en France est lamentable, et je ne parviens pas à m'y résigner.... Vous avez bien raison de relire et
1. Le vicomte E.-M. de Yogiié ("ut en elTet élu de l'Académie française le 22 novembre 1888, sur le fauteuil de M. NisanL
d"aimer Maeaiilay' ; c'est la tôto la plus saine et le cœur le plus sain; et pour l'art, le style, il n'a pas son égal en Europe. En Angleterre, on le goûte moins qu'autrefois; tant pis pour le public anglais !
Veuillez, je vous prie, présenter mon respect à Mme (le Vogiié el croire à mon alfectueux dévouement.