‹ Sa vie et sa correspondance (volume 3)Chapitre 109 sur 136 · I. On i»i'<'[)Lir;iil en ce iiiuuient la loi l'Ieclorale · texte numérisé non relu

I. On i»i'<'[)Lir;iil en ce iiiuuient la loi l'Ieclorale

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DiREcnuR iii, /.(/ I ir Lillr'raiic

MciillKMi-S.iini-lîcniard. IS orloluv IST.'.

\()U> 1110 l'nilt's beaucoup (riioiincur en me deman- (laiil un article sur Stciidlial cl Saiiilc-liciive. Co soiil nos (lt'ii\ iiiaiht^s en critiiiue. cl j'ai plusieurs IVtis aperçu clans le lointain une élude complète sui' eux; ce serait en raccourci toute la psychologie moderne: Tun a l'ait les races, les oroupes, les époques, la psycliolo^ie générale : l'autre, les individus, la psychologie; biographique. Ils sont les deux fondateurs de la critique psychologique et de riiistnire iiahirelle de riiomine.

Mais le sujet est trop grand, el j'ai le malheur d'avoii' l'esprit très resserré et très méthodique. Pour faire une chose, il faut que je m'y mette tout entier; je ne pense qu'à elle pendant trois mois, six moi^, un an l't davantage.

Kn co. momenl, j'imprime je premier volume de. mes Originea de la France, conlemporaine, et j'esquisse le seconcl. Pendant longtemps encore, mon cerveau ne comportera pas autre chose; j'y empile lout ce qui, de près ou de loin, a rapport à la Piévolution, et la toile intérieure se lisse; si j'y mettais d'auti'es matériaux, il

1. Cette lettre a paru le -i.'i (i.-hiljie IST:». .Lui- le iniiiii;il If Temps, et le 28 octobre, dans ht Vu- l.illt-raiii\

inc raudrail im l'ilort cMioniie ci plusieurs mois pour raccommoder les fils brisés; aussi ai-jo renoncé à tout article ou travail éti'anger.

Je vous renvoie la lettre de Sainte-IJeuve; c'est bien lui, exquis el scrupuleux pour les nuances; voilà ce qu'il nous rej)rocliait à nous auti'es nouveaux, lignorance des anciens milieux, le manque de tradition, l'exagéiation du talent, ou tout au moins du rôle ({uavaient joué nos favoris. Par exemple, il trouvait que j'admirais trop Slendlial, l»alzac el Miclielel, et me blâmait de ne les juger que par leurs livres. Kn revanche, je trouvais qu'il mettait trop liaul Alfied de Viciny, Hugo, Chateaubriand, Lamartine.

Ce qu'il y a de certain, c'est que, depuis trente ans, le point de vue s'est déplacé : moins de phrases et de beaux mots, plus de petits faits et de vérités ol)servables : cela explique la différence des jugements.

J'osais faire encore à Sainte-Beuve la rép(tnse que voici : bans un écrivairi, il y a deux lionmies : le premier qui s'adresse à ses contemporains, flatte leur goût, et de plus a un rôle, un étalage, une coterie, un succès; le second qui s'adresse aux autres générations et se présente nu dans l'avenir avec ses seuls livres; je préfère le second; ce qui est essentiel, c'est la portion durable. Sainte-Beuve lui-même gagnait à cette distinction. Quelle distance entre le Sainte-Beuve de Volupté, des premiers Portraits, et le Sainte-Beuve psychologue, physiologiste, le grand botaniste moral de la Uni Le prernieiétait le caudataire des poètes et des giaiids écrivains, le

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