iKivciiiltiv cl 'i (h'Cf'iiilirci
LA G VER RE Sd
<-(>ii\icii(li,). (Ju;iiil ;'i lï'tnl des jiniitH's ;ill('niiiii(lL'>, la (ifCiitr de Colonne (loiuic un cliitlVr de XllOOd tués el lih^ssés ; iiii'lti'Z uu rlu'iVrc (\:i:.iL|Mtui' les uioris dr uihhidic; ivsle 700 à SOU 1)0(1 liuuinic-^. Si (("s chiftivs sont exacts, ceux de M. \\... suul hien loin de la vérité, et nous n'avons |)lus la uiuindre chance.
Je ne sais si le chaiiiin el la préuc<;u|)a(i()M incessanle m'ont usé: mais j'essaie en vain de ti'availler: jr ne {)i]is plus éci'ii'e. .le \(m> IV'liriic d'élrt- jeune: c'est à voti'c i:énéralion de répai'ei- tout: puissiez-von.s y réussir, au moins à demi 1 Vos ])arents du Havre sont encore en sûreté, el j'espère que l'à^c el la profession non politique de M. votre père le mettront en tout cas à l'abri. Vous sorlirez de la bagarre avec vos forces intactes. Si le ;[iouvernement qui nous est réservé n'est pas trop anlilibéial, je crois^iue notre devoir à tous sera de faire des articles, conférences, etc.. instructives et désagi'éables.pour exposer et confesser publiquement nos fautes, pour montrer dans nos défauts la cause de nos revers, pour pi'opager la connaissance des langues, de la tactique, des nations étrangères et de Thistoire, pour persuader aux gens (|u"il faut travailler. ol)éii', vivre régulièrement, ne pas être exigeant en fait de boidieur: un notaire, un droguiste sont raillés et ridicules en France: on leur préfère un amateur oisif. Croyez-vous qu'on puisse l'en verser celle préférence? FlélasI je n'ose le croire, et cependant pour (jue notre pays se relevât, il faudrait le renouveler.
In seul journal de lemps en tempe, n'est-ce pasV
56 (;uHRESPOM»ANCE
Cela est bien assez, et mes reniercicinent> n'en sont |ia^
moins vifs.
Bien cordialement à vous.
A <A MERK
l';iii. 17 fl.-c.-'iiil,iv 1X7(1
.... J'ai essayé de me remettre au travail, mais sans y réussir. L'anxiété elle chagrin ont éjnoussé ma verve; je lis le malin, l'après-midi je sors, le soir nous jouons aux dominos, c'est tuer le temps. Tous les huit jours, mes jeunes attachés d'ambassade m'envoient des journaux anglais, ils sont désolants: il est «lair (|nt' nos gazettes françaises nous mentent de toutes façons, par omission et commission. Ainsi la bataille perdue sous Orléans nous a coûté 7000 piisonniers. H me semble que pour quelqu'un qui juge de sang-froid, toute espérance est perdue; l'armée de la Loire ne peut délivrer l^aris, et Paris ne peut se délivrer lui-même.
Après huit jours de neige et de froid, nous avons eu le sirocco, et nous avons encore une température de juin. Le soleil frappe si fort qu'il fait mal à la tête; beaucoup d'hommes ont des parasols. Vers cinq heures, le crépuscule est froid et très humide, ce contraste exige des précautions. Sol argileux, collant ; on ne peut se promener à pied que sur la promenade ou dans les deux
U GUERRE r,7
allées du parc; le reste est im bourbier, ce pays n'est ao-réable que pour les gens en voiture....
Je suis las. et je ne sais pas si je retrouverai la foi'ce (récrii'e.
A SA MERE
Pau. !25 décembre 187U
... C'est la première lois depuis bien longtemps qu'au jour de Tan, je ne serai pas avec vous. Qui nuus eût dit, il V a six mois, qu'au l^' janvier nous serions à Pau? Nous aurions cru peut-être que quelqu'un de nous serait malade de la poitrine. —Et certes le climat est mauvais pour les poitrinaires; depuis trois joiu's, il neige de nouveau, et les promenades sont bien tristes; nous ne sortons que par raison de santé, pour cbanger d'air.
Vous vovez que je n'avais pas tort de vous faire ({uitter Tours. Les Prussiens y ont jeté des obus; il y a eu des dégâts, des blessés, des morls'. Madame Libon s'est obstinée à y rester, malgré les supplications de son lils. Kn ce moment, nous n'avons aucune nouvelle d'elle.... Ajoutez que si Tours est occupé ou réoccupé par les Prussiens, on ne pourra recevoir d'elle aucune lettre. — Mes pressentiments sur la durée de la guerre se sont trop vérifiés. D'apivsles renseignements de Madame Léon Sav, qui reçoit beaucoup de lettres de Paris (son mari.
j. la reddition de Tours est du ;il décembre.
r,S CORRESPO-NDANCE
lous ses parents des Débals sont aux meilleures sources), Paris a de la viande salée ou autre jusqu'au ^ févriei*, du vin pour deux ans. du pain indéfiniinenl ; il esl l'ésolu à résister rpiand inênie; les journaux an.dais disent (pie les Prussiens n"espérent pas le faire capitule)' avant le ]•} févi'ier.
... II faut nous attendre à passer l'hiver où nous sonuues. — Hier, les nouvelles de rarniée du Nord et de l'Est étaient assez favorables'. Je manque toujours d'espérance, mais je iiif défie de toutes mes e(mjeetui'es : je n'ai pas d'éléments assez précis poui' juiici'. Il n'y .1 qu'à se rési^iner et patienter. — En lout cas, même si nous sommes éci'asés, rimimeur sera sauf; l;i Enuice aura montré qu'elle esl capable de résistance, d'organisation; elle en sera plus respei'tée à l'aveiiii-; on essaiera moins facilement de la Iraiter C(tnune une Pologne; on ne croira pas qu'elle esl jiourrie, ])(>nne ;i être une proie, ce qu'on eut cru. si elle avait rédr tout de suih* après Sedan. — Voilà le «^aiu le plus clair. p(Mit-étre le seul bon résultat de la défense prolongée. Mais par eombien de milliards et de vies sej'a-t-il aeheté?
Nous avons le moyen de faire parvenir, par- la Suisse.
une lettre» à M. Questel, de Versailles Vvez-vous des
nouvelles de Ghevrillon? Le ballon du l 7 ne nous a lien apporté ici, mais plusieurs personnes de notre connaissance ont reçu des lettres de Paris. — Vous pouvez envoyer un télégi'amme à Paris en allaul ;iu téléara|die de
1. Le jïênéi'al Eciirjlierlie ;ivail £:ngut' !•' -•" ';' li.ilaillc ilc INiiil- 4e->oyelles.
Br(^st ; 1«' sfM'vice parpioeons osl oronnisr, quoique l(»ujours très cliaiiceiix.
Je Yoiisai dit l'emploi de mes journées, llmarrive de lemps en temps des épreuves de la traduelion en anglais de mon Iiitrllif/rnce.
A -A Mi.iu:
l'.ni. l'X (hVonibre 1870
... Les nouvelles deviennent de plus en |)lus tristes. Il y a des jours où j'ai Tàme comme une plaie; je ne savais pas qu'on tenait tant à sa patrie. Les journaux anglais, qui ne déguisent pas la vérité, sont désolants quoique sympathiques. 11 y a des tentatives de révolution à Paris, et je crains ipi'il ne doive bientôt tomber.
J'ai trouvé, à la bibliothèque d'ici, le grand ouvrage de Demogeot sur l'instruction secondaire en Angleterre. Cela me permettra de pres((ue finir le livre auquel je travaille '.
\ -A M IIP.}.
l'Mii. .>! dtWilihiv 1870
... Il m'anivc une Ici lit- de Chevrillon, mais du
iM» novt'nd)rt'. aprôs ini nioi- de lelai'd. Vous en avez
1 , I.t's y'otes t<ii/ iAnijletcrve.
reçu de plus récentes. Je lui ai envoyé il y a trois jours un télégramme. Pour avoir un (oui' de faveur s'il est possible, je lai expédié à Libon. Mais il y a un arriéré de télégrammes, tous ceux qu'on a depuis le 1'' décembre. Je ne sais donc quand le mien partira. Chevrillon dit qu'il va l)ien, qu'il est chef d'escadron de la mobile de la Seine; il compte qu'on tiendra aisément deux mois, ce qui nous mènerait au 26 février. D'après les renseignements que je vous ai donnés la dernièi'e fois, il paraît qu'on pourra tenir plus Itmgtemps. — Vous avez vu que le ;25 décembie, les Prussiens fatigués de geler tout vifs ont attaqué les forts, mais ce sont ceux de Nogent, etc., du côté do Yincennes, à l'opposé de Chevrillon.
Neige épaisse (b'])uis huit jours; pour ne pas geler dans ces appartements mal clos, nous nous enveloppons de couvertures à table el partoul.
Il paraît que le camp de Conlie* est levé; cela a bien l'air d'être un écbec. Je n'ai plus de journaux anglais depuis deux semaines; ne pouvez-vous en avoir de loin en loin? Tàcbez toujours d'avoir un journal étranger, par exemple V Indépendance belge que reçoivent la plupart des glands cafés. Nos journaux mentent trop, ceux des Prussiens aussi, il faut lire les neutres. — Ce qui est certain, c'est que les succès des Prussiens ne vont pas aussi grand tiain qu'en août, septembre, octobre. Us trouvent plus de résistanee, ils ont un trop grand