I.A COMMl.Ni: »il
urit'l' [tins u('iit'i'al. Au crime do lèse-palric s'ajuutail à ses ytnix le irimo de lèse-civilisation ; il savait par son éducation historique ce qu'il faut d'efTorls et de sacrifices séculaires pour édifier une société à peu près équitable: il ne pouvail se résiLrner à voir abolir ainsi, par Tambitiou ou la démence d'un petil nombre d'individus, l'œuvre de cinquante générations d'ouvriers laborieux et dévoués, précieux dépôt reçu des ancêtres el que nous devions rendre accru à nos descendants. « (ihacun de nous doit ap]>orler sa part à Tédifice commun », disait-il parfois; u celui-ci une l)elle |iierre taillée, celui-là sou grain de sable; l'essentiel est il'avdir accompli sa tâche et collaboré à l'œuvre dans la mesure de ses torces. » Il était très modeste pour lui-ménu' et regardait comme son égal le j»lus humble de ces ouvriers consciencieux; mais il cousidéiait comme des ennemis .publics ceux qui, parla violen('(\ cherchent à anéantir la forteresse où s'abrite l'humanité.
Pendant les mornes journées qui suivirent le 18 mais, M. Taine, demeuré aux environs de Paris chez sa sœur Mme Letorsay, allait régulièrement à la ville pour chercher des nouvelles et pour faire son cours de l'École des Beaux- Arts; il le continua jusqu'au 5 avril; mais à partir du 4, les communications devinrent dangereuses et difficiles, on risquait d'être arrêté par les insurgés : de plus, il n'y avait plus sur les bancs de l'École que quelques rares élèves étrangers, et le directeur, M. Kugène ("luillannie, lui le premier à dt'cider <pie le cours serait ajourné.
La famille de M. Taine avait (piillé Pau au milieu de muret v','t;iit de nouveau riMiigiée ;i Tours, en attendant que l,i lin de l'insurrection lui permit de rentrer ;i Chàteiiay. N'ayant plus rien à laire à Paii>, il alla passer auprès d'ellf les (pielques semaines (|ni pi'écédèrent ses conférences d'Oxbtrd; il connaissait les icssources de la bibliothèque de Tours et trouvait là les livre-, du re-te peu iHiiid)reu.\. qui étaient nécessaires à sa pièparalion. Comme mi l'a ^u pré-
cédemment', ce cours moitié littérairo, iiioitié historique, avait pour sujet les deux grands tragiques du xm!" siècle, Corneille et Racine^; il lui suffisait de lire quelques mémoires, de feuilleter quelques estampes, pour raviver ses sensations. Le plus difficile était d'abstraire sa pensée au milieu des angoisses présentes et d'affronter, parmi des étrangers, les douloureuses émotions de la fin de mai. Arrivé le 20 mai à Londres, après un voyage difficile. M. Taine se rendit le 24 à Oxford et y fit sa première leçon ^ le 2G, devant un public d'autant plus Ijienveillant que les terribles incendies avaient éclaté à Paris et que les auditeurs tenaient à témoigner à un Français la part qu'ils prenaient à nos malheurs. M. Taine ne rencontra |)endant ces jours