iaim:. — ( oiintji'u.NDANCK. 111. s
114 CORRESPUNDAM.E
iîoldats sont soigneux, chez nous, les officiers y tiennent l;i inain. — Chevaux dans loiangerie et l"«';curie, gendarmes dans la petite maison, dans le fruitier et la cliaiidjre du cocher. Général, officiers et aumônier chez nous. Indes officiers a été reçu par moi à Sainf-C\i .
Priez M. Brachet de dire à M. MouclioM que j'ai |)arlé de son invention et de son ,i:i;nid mérite à M. du Mesnil, qui, avec beaucoup (reiii|tres>emeiil, a junmis d'en prendre note en renti'aiit dans ses i)ureaux.
A MADAME il. TAINE
Oi>ay, jeudi 18 mai
Je mettrai cette lettre demain à la poste de Versailles ; je compte trouver une place dans lune des deux voitures qui passent, mais qui n'en assurent pas; sijai quelcjues faits intéressants. je prendrai un moment cliez Libon pour vous les mander.
Hier, nous avons été alarmé- j»ar unr tt-rrilde explosion lointaine, le bruit courait ce malin (jue c'était le fort de Vanves avec nos soldats; c'est une poudrière des insurgés du coté du Trocadéro : que doit devenir l'hô-
1. M. Mouchot. professeur de physique au lycée de Tours, avait inventé un système de miroirs pour concentrer les rayons solaires, qui pouvait rendi^e de grands services en Afrique. M. Tainc le mit en rapport a\cc M. Joseph Tiertrand qui s'occupa lie son invention avec beaucoup do zèle; elle fut, croyons-nous, expérimentée en É£r\"pte.
lA COMMINE 11>
U'I (le M;i(l;mi(' Scilliî'iL''.' Kl votre Hélène ''.' Le> (>l»ii> luiiihcjil en liauf du l)oulev;ii(l M;ilesliei"l)es; avez-v(>u> de ses nouvelles'.'
Le iiénéral (loifinières- (li>ail ces iours-ci à .M.(.ouiii\ (ju'on compte forcer l'eiiceinle vers samedi prochain, et il y auia Irois brèches. Le Tempa estime qu'il \\'\ a liuère plus de vinut-cincj mille insurgés ivsolusel aux rempails.
Ce malin, j'ai réfléchi à mon travail de l'été, el j'incline |)i'es(pie décidément à l'aii'e la France conlcinporaine. Je vous en dirai toutes les raisons au retour. Si j'entre liien dans le sujet, cet élé (•(»m|)en>era iiolie triste hiver.
L'eiïet de la lettre"' du comte de Cliamboi'd a élé mauvais ; il est trop suranné el cléiical.
A MAKAVli: H. lAINE
Vci-.snillfs, lî» m;ii t'n toute hâte de chez Ueiian. je pars dans une demiheure.
Ce qui a sauté avant-hier, c'est la poudrière avenue Rapp. Deux ou Irois maisons se sont elïbndrées. Le
1. l ne itarciitc de M;i(lniiie Taiiie. très fjn'nvciiieiit malade.
"1. Le ^énér;)! (lolTmières de ^ordecl^: l'iMiceinte ne fut forcée ijne le 'Jl.
.". I.ein-e du Coiiile dr Cliaiidiord à M. yh' Carayon-Lalour. 8 mai 1S71.
lir. CORIŒSPOND.LNCE
(lliiuiip de Mars est jonché de balles, ^os vitres doivent
èlre toutes cassées.
L'opinion la plus autorisée est qu'on entrera à Paris vers dimanche. La place Vendôme sera facile à pi'endre. mais Montmartre avec tous les fanatiques, et vingt mille étrangers (sept mille Anglais entre autres) se défendra jusqu'au bout, et bombardera tous les quartiers environnants.
(Voitures de loule espèce en ipianlilé.à toute heure, à Juvisy pour Versailles, Chàtenay, etc.)
A .maha.mi: ii. iaine
Londres. "10 iii.ii. s;iiiiO(li
Je suis arrivé ce malin après (jnelques li'acas, une roue cassée près de Mai'ly et robligalion de rester trois heures assis près du cocher de la malle supplémentaire.
r»elle liaversée calme, beau paysage bien vert de collines jusqu'à Londres. En voilure cinq ou si\ personnes qui se sont mises à parier aux cartes lOd francs, puis 500, ))uis 1000; le tenant a empoché en une heure 7) ou iOOO francs. Façon superbe de p«'rdre et de gagner; on voit le flegme du tempérament et l'acharnement du combattant; aussitôt après, par diversion, ils se sont mis à parler du paysage.
Ici en C(; moment, il y a Exposition et de[iuis la
LA (-.(immim: 11'
guerre toul est plein. — Comses aiijourdliui chez M. Haye, chez le dean Stanley', chez lord Hoiighton-, chez M. Grantl)aiï% chez M. Artliui- Russel^ Personne, j'ai laissé des cartes, .lai vu Pieeve, mon éditeur; 17/?leUujence traduite paraîtra le mois prochain.
Vous pensez hieii qu'à Londi'es, jai le spleen, c'est de la couleur locale. J'ai les uièmes impressions qu'autrefois: œuvre colossale, richesse énoruie, pauvres en haillons, pieds nus avecde petits tortillons de papier autour des doigts malades, /a/?esignohles derrière les rues soiuplueuses; grands arbres et verdure délicieuse, à côté, dans les rues, une atmosphère de fog imprégnée de suie qui vous prend au nez et à la gorge ; tout cela n'étant plus nouveau pour moi, n'est plus instructif, ni partant intéressant. Je suis las, je souhaite passionnément vivre en l'cpos, dans l'intimité, avec des livres. — Vous imaginez qu'une visite à Londres n'est pas faite pour satisfaire ces inclinations. J'ai passé une heure et demie dans un coin reculé de Saint-James Park sur deux chaises. Je ne me promets qu'un seul plaisir qui sera bien peu coûteux et très simple, c'est de ne pas voirl'Exposition; dansl'étatoù je suis, tout charivari est odieux: en échange, j'irai peut-être |)asser deux heures demain devant les trente tableaux îXqXix National Gallery.