Aux élections législatives de
payaient \o cens (deux mille francs (rinipôt par an). Les électeurs leur répondaient : » Vous aurez nos voix pour la Chambre des représentants, mais pour le Sénat, nous les donnons à MM. tel ou lel; car ils possèdent la moitié des terres du pays. »
Il y a eu ici et en Belfiique des tentatives conuuunistes, par contre-coup de celles de Paiis. Dans le meeting de Bruxelles, après (jue le Président eut exposé le but de la réunidii, un (Uivrier bcl.ue se leva et dit : (< Il y quatre ans, j'étais de l'Internationale; on recevait tant par an, j'ai voulu savoir l'emploi de cet argent; en réponse, on m'a rossé; depuis ce temps, je n'en suis plus. » Rires universels, le président sifflé a dû lever la séance. — Cependant, pour l'Angleterre, Clark a des craintes; si les troubles se prolongaienf en France, les Trader Unions pourraieid ède tentés de laiic un mauvais couj».
Ici, liberté admiralde. protégée par la loi ; mais le calme des nerfs sert de compensation. Par exemple, la liberté de l'individu est protégée d'une faron très sévère. Dernièrement un maître volé fait mettre en prison son domestique. Le lendemain matin l'objet se retrouve; il va faire remettre le domestique en liberté. Celui-ci demande en dédojnmagement deux cents livi'es sterling. Consulté par le maître, le juge répond : « Vous ferez prudemment de payer » et il paie. Mandat d'arrêt contre un coquin nonuiK' John W. : le policeman, mal renseigné par son chef, va chez un autre individu du même nom, mais d'un autre prénom, André D., l'arrête et le relient deux heures, lîelàclié avec excuses, il
T. A COMMI .NT. Vil
actioiir.c le chef détoctivo (M leçoit ([uatre cents livres sterling- de dédommagement. Mcclimj en faveur de la République sociale; les orateu^^ disaient que la reine est une femme usée, un vieux rouage social rouillé, qu'il faut mettre la magistrature suprême en élection. Les policemen faisaient cercle et empêchaient ([u'oii ne troublât les orateurs.
Deux principes inconnus en France, admis universellement et appliqués lidélement dans tous les pays libres : 1° Quand la majorité a prononcé, se soumettre franchement, sérieusement, ne pas garder Tarrière-pensée de la violenter jjai- un coup d'État. ^° Permettre à la minoiilé de dire et imprimer tout ce qui lui convient. Voilà les droits de la majorité et de la minorité: ni l'un ni l'autre ne sont respectés en France.
Tous espèrent feimement qu'aussitôt l'ordre établi, le travail et la prospérité recommenceront chez nous, et qu'il suffira de quelques années- pour réparer les désastres. — Mais aucun d'eux ne voit un avenir stabK\ l'affermissement d'une forme politique. Provisoirement, la Piépublique prolongée paraît la moins impossible, quoique par tempérament, éducation et sentiments réciproques des classes, la lo'piiljlifjue soit moins possible en France qu'ailleurs.
.le compte toujours partir mercredi matin pourOxloi-d ; on me dit que le français est généralement entendu, et notre dix-septiéme siècle très goûté. — M. Russel me conseille de parler beaucoup plus lentement ({u'à l'Kcole des Beaux-Arts.
\i'l CORKESPONDANCK
Vous saurez les nouvelles avant moi: les journaux anglais sont mieux informés que les nôtres, et parlent de la coopération prochaine des Prussiens du côté de Saint-D^nis.
A MAliAMF. n. TAINF.
Londro?, lundi 2'i
Knlin larmée est entrée dans Paris; les nouvelles que je vous envoyais de Versailles étaient vraies. — Il semble que la résistance ne se prolongera pas longtemps.
Je suis ici dans uh hôtel où Mme Alhoni habite dopni< huit mois. Tagliafico y est avec sa femme et sa lille. — autres musiciens et peintres; on entend des roulades dans les escaliers.
Ce matin visite chez M. Haye qui est barrister et occupe deux chambres détudiants: quarante ans, fatigué, très nerveux et timide, ne parlant pas français; nous avons travaillé une heure ensemble, il a tout traduit, !•' livre paraîtra le mois prochain.
De là ;i la yalional GaUenj. Il y a des chefs-d'œuvre: un rabbin juif de liembrandt. un doge de Giovanne licllini, un portrait admii'able de négociant italien dfdxiut avec sa femme, par Van Eyck, une Vénus avec rAiDour. et un Christ présenté, de Corrège: la lleur des pi'éraphaélites : Pjordognone, Carpaccio. Pérugin, Francia: les plus exquis petits llamands, une leçon de musique de Jean Steen. une grande allée darbres par
llobbénia, (1(* purs diamants: — mais je n'ai pu que faire une reconnaissance; un Musée me tue maintenant. H'ailleurs la moitié des tableaux sont sous verjM^s: il est [ii'esque impossilde d'en voir un d'ensemble ù cause des rellels.
Je vais m'habiller pour diner chez Clark; j'espère ne jjas aller en soirée avec lui; Londres et sa prodigieuse activité m'accal)lenf ; je soubaite la campa i(ne, et Oxford en attendant.
Demain après déjeuner, M. Arthur Russel me conduit cbez M. (irofc', l'bislorien, qui désire faire ma connaissauc(».
l*etits faits : à Chelsea, George Claude^ rencontre très fréquemment des ouvrières soûles; nous avons enjambé nu ivrogne endormi dans le ruisseau. — M. Van de Weyei" nous disait h'wv qu'un jeunc^ Anglais bien élevé, ausoi'tir<le l'Université, ignore sa littérature. Cn jour avec Macaulay. ils en firent l'expérience. Deux jeunes gens d'Oxford venaient les voir; on leur demanda à brûle-pourpoint : « Avez-vous lu Sterne? — Sterne, l'auteur de Tr'islam Sbandy?Xon. » Cette ignorance est choquante; mais on r(nancbe cette sincérité est très ])elle; M. Van de Wcner disait ipi'un lleluv, un fiançais ne l'auraient pas eu(\
I. M. Goorgc (irolo (17*.)4 iiiniirul quolqiios somaiiio? apivs co\[o (Mifrovue.
'1. }\. (iropr-v ClniKlo, poinfrr'. iicvoii ilo M. Clicvnlldii.
-l'24 Cnni'.ESPuMlANCF.
A MADAME H. lAIXE
Londres. "2"» iii;u, mardi
Hier soir, dînor chez sir Jolin Clark avec un jeune suisse nommé M. Favre, puis en soirée chez Mme Simpson, fiUe de Senior^ réconomiste. Anjourd'hui déjeuner chez M. Russel, avec Odo RusseP et M. Cartwrighl. U* député du roinlé d'Oxford. Visite clu'z M. (irote, l'historien, j'y ai trouvé M. Bain', le psychologue, j'y dîne ce soir avec M. Guéneau deMussy*, le médecin des princes d'Orléans. Tout à l'heure j'ai pris des notes pendant une heure et demie à la National Gallenj.
Ils me parlent tous de politique. Selon M. Odo Piussel, M. de Bismarck aurait hien mieux aimé traiter avec l'empereur Napoléon rétahli, même en demandant moins de milliards: il aurait été hien plus sûr de son jeu, il aurait eu un gendarme et un allié sur le trône de Finance. — Les hanquiers de Londres oiïrent à M. Thiers l'argent nécessaire, du h pour 100 à quatrevingts francs. M. Thiers espère trouver à quatre-vingtcinq. C'est la maison Rothschild qui fera l'opération". Tous comptent sur la vitalité financière de la France, mais s'inquiètent des tendances protectionnistes de M. Thiers.
1. Senior ^■assau-^Villiam . 1790-18fi4. '2. Voir tome II, p. 28.
"). Voir Derniers Essai'' de Critique et dliisloire. 4. Le docteur Henri Guéneau de Mussy. frère ilu le Norl i\. de M., médecin do lÉcole Normale, tome I, p. 11."» . r>. Lomprunt fut émis le 27 juin à 82 fr. 5(».