‹ Sa vie et sa correspondance (volume 3)Chapitre 66 sur 136 · I.A CfiMMlM- l · texte numérisé non relu

I.A CfiMMlM- l

giiomie, i^tMilille, seiiil)le avoir viii<;l ans. Selon »'ii\ el ï>elon (l'auti'cs. iiioyeniiant six ceiils livres pai' an. un ménage avec deux enfants e[ deux bonnes peul vivie confortablement à (Jxford, faire de petits voyages aux bords de la nier, mais pas sui' le conlinenl au loin. Une bonne se paye seize livres par an — une maison comme la leur représente cent livi-es sterling de loyer par an,

Dans la journée, visite clit^z Mme Pallison. Je la crois véritablement érudile sur les beaux-aits de notre Uenaissance; elle fait des monograpliies, des catalogues de noms et d"œuvres. — C'est par le côté solide et })Osilif qu'ils abordent tout. Aujourd'hui j'ai eu bien de la peine à leur faire goûter quehjues linesses de Uacine.

A MADAME H. TAIXE

OxCoi'd. (> juin

Il parait que le ilcfjrce of doclor lu civil Laws honoris causa est un fort grand honneur, le plus grand (|ue l'Université puisse conférer. Jeudi donc, je devrai midosser une robe rouge et écouter un discours latin.

Travaillé ce matin à ma leçon de demain: visites hier dans la fin de l'aprés-uiidi et aujourd'hui. J'ai eu quelques déceptions; la fillette de quinze ans, miss X., si intelligente et si naturelle a des pieds énormes. MMi's Y. et Z. ont le teint bien fatigué par leurs études. — Tou-

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joins de iiuiiiljiL'USi's fainille;?. M. K. a (|uativ scours l'I un frèi'L' l'I déjà (iiialrc cnfaiils. (liiez M. B.. ti'ois ou qualie pulils cnfaiils, oulic les giands. Il n"a pas do foitiiiu'. il csl tulor, il vil de ses ('crits el de ses leçons, el il a la plus clianiiaiili' maison (•onrorla])lr, neuve, uolliiipic. à |)(»i'lail ilalicii \iv' sirele, jai'diii vei't à l'eiitoiu'. C'esl toujt>urs le s\>lèiii(' de Iravailler beaucoup et de inaiii:»'!' loiil an joni' le jonr. Il a vt'cn (piel- (pies aimées avec sa l'cnnne aux colonies, dans une jjlace du £:(»uvei'neni<'ii(. '\'iî'> belles i^ravni'es partout. l't aijuai'elle truculenir. \eiie. j.iune el roii^e eiu Tun sui' raulic. l'aisanl mal à Iceil. Ihi l'eu j»ailoul, il y en a dans toutes les salles de 1"! nioii Chili où je vous éci-is. Travaillé deux lieures à la llodieiaii Lihi'ary. haiis les intervalles jerre à travers raieliilerlure et les verdures. Ils bâtissent et j)laiileiil à nouveau, (tiilie (ju"il> conservent l'ancien. Ainsi Kehie collège idu nom de Kehle, auteur d'hymnes religieux. ."»>!' édilioiii. el 1"! niversity Muséum, éiioiine hàlimenl loul léeenl. i:olliique, en hri((ues rouges, à t(»ils ai.mis.avec pelils hàtimenls coifles (Téteignoirs désagréables, tous les toits en tuiles, alternativemenl i'ouj.:eàtres et bleuâtres, de rellet le plus faux. — .M. l>u>kin. le savant esthéticien qui est professeur ici, a dirigé la construction de IT'niversity Muséum; ses livres valent mieux que ses bâtisses. Mais le nouveau pai'c avec ses lointains veils. ses collines perdues dans un brouillard bleuâtre, sera charmant dans cent ans. Pden n'est plus mtbie ({ue de penser à l'avenir comme on fait ici.

M. .M;i\ Mnlk'i- rcvli'iil; si»ii ln'au-père a ûh' iciivcrsù du vuiliii'o, a ci'aclu' le saii<; et lia [)as t^urvécu. Je lu* dois plus aller le visiter, ce serait indiscret. L'an \n'ocliain, le cours au Taylor Institute sera en allemand ou en italien, nuaiil à son sanscrit, il va une douzaine d'élèves: niais nul ne persévèie et ni' devient savant : ceux qui le pourraient peut-être, iuturs clergymen ou canons, entrent tout de suite dans la vie {Viatique, s'occuj>ent des |)auvres, sont membres de comités, d'associations, etc. — Aucun moyen de créer ici une J'ace de vrais et patients philologues.

A Madame ii. tainl

Oxlord. S juin

Hier soir diiier rlirz un lellow d'Exeter Collège, M. Bywaler*, avec trois ou quatre de ses amis, tous parAiitement aimables et sensés, lui encore plus que les autres. Que de gens instruits et sympathiques ici ! Très modeste de plus, et spécial sur la philosophie grecque, a retrouvé dans Janiblique des fragments de dialogues d'Aristote. — Intérieur charmant, donnant sur des jardins et de l'architecture : admirables plu»togra])hies et estampes: j'en ai admiré deux d'après Tintoret. il m'en a apporté les doubles ce matin, .l'ai pris une adresse à

l. M. Iiiurciiii DwNaU'r. <a\;ml lielléiiiste

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Luiuhes pour avoir deux photographies inagnifiquos des deux statues de Michel-Ange, VAurore et la NitU à Florence. Livres hien reliés, hien rangés faisant ornement. Le soir, les quelques lumières vacillantes dans les grandes formes noires, le long des murs treillissés de lierre, sous la lune, parmi toutes les crénelures gothiques, semhlaient un décor d'opéra. — M.Xeubauer*, Hongrois naturalisé Français, qui voyage pour l'Institut et fait des catalogues de manuscrits héhreux, dit que presque personne ne travaille ici : cinq ou six en tout. Les professeurs de Divinity nnt jus(|uà seize cents livres sterling d'appointement, et vivent en chanoines. Des trois professeurs de philosophie, Fun est le plus savant homme du monde sur Aristote et a 'toute la collection des œuvres qui ont rapport à Aristote; mais il n'a rien publié. Heaucoup de gens apprennent pour s'éclairer sur un point, pour s'occupei', mais ne croient pas nécessaire de puhliei". L'impulsion, l'élan ({uil faut pour cci'ire leur manquent. M. Neubauer prétend que la grande vente des livres et des Revues est en Angleteri'e une alîaire de mode. On achète une Revue, et jusqu'à cin<f éditions du même numéro, un dictionnaire, un grand livre d'histoire, parce que vos visiteurs vous disent : « (J, il faut avoir cela ! d La table à lecture ne serait pas complète ni confortable^ s'il y manquait (pielque ouvrage ayant du succès; mais on ne le lit pas, on en feuillette tout au plus une ou deux pages. — Par cet effet

1. Neubauor (AdoIphe\ né en 180*2, se lixa à Oxford en 1874 et devint bibliothécaire de la Bodléienne.

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