‹ Sa vie et sa correspondance (volume 3)Chapitre 67 sur 136 · I.A COMMl NE l · texte numérisé non relu

I.A COMMl NE l

de la modo, Tcmiyson gagne cinq mille iivics sterling par an. Il y a tant de riches, ils peuvent acheter six shillings un de ces volumes qui ont deux cents pages. Visite du Révérend Jackson, un des curateurs du Taylor Institute. Il m'a donné des renseignements sur les pauvres. Dans le Devonshire et un autre comté qu'il a étudié, les gages par semaine d'un agricullnral labourer sont de huit à neuf shillings. Il faut qu'il soit très intelligent, très hahile pour en gagner douze. Or, il a le plus souvent six enfants. Il ne peut donc vivre que par aumônes, assistance puhlique ou privée. En outre une paysanne anglaise, et en général toute femme de la classe inférieure est très maladroite, incapahle de faire la cuisine même la plus simple. Elle achète tout cuit, tout fait, ce qui est plus cher. Elle ne sait pas faire profiter, économiser; elle est en cela tout l'opposé d'une Française. Comme memhre du hureau de bienfaisance, une fois, dans un village, il a fait allouer (juinze shillings par semaine à un ménage qui avait quatorze enfants. Ni la femme, ni la lille ainée qui avait quinze ans, ne savaient faire la moindre chose en cuisine. On achetait du pain frais, du beurre, du thé et on vivaitainsi. — Il leur conseille d'acheter un morceau de jambon, de la viande, de faire une soupe, une (grillade, etc. : « Nous ne saurions pas. o — En général, partout maladresse et habitude de dépense. Mrs Jackson, qui a cinq ou six maids est obligée de leur apprendre to trim their bonnets', sans cela une grosse 1. A «garnir leurs cliapeaux.

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pfutic des giigL's y passe. — l'Ji oulie. ivru'^iiL'i'ie des

lioiiHiies.

A deux heures, on m'a reçu docteur iti Jure civili, avec un petit discours latin très poli. La robe rouge était prête; ensuite on m'a fait asseoir à gauche du vice-chanceiiei-, et jai écouté une discussion pour savoir si on devait voter ((ualre-vingts Hvres sterling pour les volets de la grande salle des Lectures, afin d y permellre des cnnl'érences sur l'Optique, etc.

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IIl'Ioui' ;i Cliàtniav

Prcinièi'es éludes pour les

Urifïine>

la France contemporaine.

JII. Traduc

lion du Srjour cti France. — IV. L'Ecole des sciences poliliques. — V. Brochure sur le Suffrage universel. — VI. Les Noies .sur l'Ancflelerre. — VIL Recherches aux Archives nalionales. — • VIII. Articles divers. — I\. (!orrespondaiicc.

M. l'aine, à >on retour d'Ani:leterre, s'était remis ininiédiatemenl au travail: il compléta d'abord la série de ses leçons à l'École des Beaux-Ails, qui avaient été interrompues par la Commune; puis, ayant arrêté à peu près délinitiveinent dans son v>\\\''\[ le plan de son œuvre Future, il commença à l;i liililidlliècpie et aux Archives nalionales la série de longues et laiiorieuses recherches cpii devaient l'ournir les nuUéi iaux des Origines de la France conlemporainc. Il Taisait im véiitable sacrifice en renonçant à poursuivre ses travaux philosophiques et à écrire cette théorie de la Yolon- It- (jui devnit être pour lui le complénn'ul de rinleUigeucc. Mais, en présence des iuine> amoncelées i)ar la guerre et la Commune, et du désarroi des esprits devant l'œuvre de

lôlj Cor.RESPONDANCE

i-i'coiistitutiuii nationale, il lui sembla que riieuiv n'était plus aux spéculations pures et que le penseur, comme l'honmie d'action, devait à son pays toutes ses forces vives. — 11 sentait que beaucoup de nos maux venaient de la rupture de notre société moderne avec les traditions de la race : avant de construire à nouveau, il lallail sonder le sol sur lecjuel nous campions, connaître les causes de notre déracinement, et pour cela remonter jusqu'à l'époque où s'était j)roduite la scission définitive entre le pa^«^l' el le prt'X'iit. à la Révolution Crauçaise. Ouatre-vini:ls ans de peiturbalions périodiques indiquaient un vice fondamental dans roîuvre de reconstitution du Consulat. 11 fallait rechercher ce vice et en suivre les conséquences pour notre société contemporaine. En entreprenant son ouvrage, M. Taine ne croyait pas assumer une tâche aussi lourde que celle qui occupa les vingt-deux dernières années de sa vie; il pensait d'abord écrire un seul volume d'idées générales »; puis, devant l'accunudation de faits nouveaux et la nécessité de rendn! sa pensée plus claire, il se décida à diviser l'o'uvre en trois parties : l'Ancien Kégimeja Révolution, k; Régime moderne; et encore croyait-il imus conduire pour ce dernier volume jusqu'au seuil du second empire : en 1871-72, ses lecherches à la Ribliothèque et aux Archives embrassaient la Restauration et le règne de Louis-Philippe-; ce n'est que beaucoup plus tard qu'il restreignit son plan et l'arrêta à la grande reconstitution de 1800.

Ce fut au cours de ses premières explorations que

1. Il suiiyeii prescjue tout de suite ;i ou iaire deux : nous trouvons dans une lettre du 2Ô octobre 1871, à M. Alexandre Deiiuelle : « J'ai passé la journée aux Archives et jy retourne demain; il y a là des trésors; j'y ai lu la correspondance des préfets de trois départements pendant huit ans. J'y ai vu des naïvetés sérieuses ([ui sout du plus haut comique. — Je crois que j'aurai deux volumes et que je ne pourrai comiliencer à écrire qu'après mon cours aux Beaux-Arts. »

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