Voir appendice, p
APRKS I.A GrERRE IT.T
M. Taine dr-i-oiivril à la liililinthninf Rirlirlieii le livre iruiie (laine anglaise qui avait été retenue en France de 179l* à 1795 et qui, après son retour en Angleterre, avait confié à M. John GilTord ses lettres et son journal, (lu'il imhlia en 1790. -M. Taine trouva que le <lo(iiineiit méritait ifétre mis sous les yeux <lu |iulilic IVanrais et il fit entreprendre sous sa direction une traduction révisée par lui qui parut en feuilletons dans le journal le Français, pendant les derniers mois de 1871. Lors de la jiublication en volume (1872), il y eiii de violentes clameurs dans les journaux avancés, les nn> disant que ce n'était qu'un mauvais pamphlet d'un écrivain à la solde de Pitt, les autres, plus nombreux, prétendant que l'œuvre était une pnre invention de M. Taine, et le traitant presque de faussaire. Il dut, dans la 2- édition, donner la référence exacte au catalogue de la Bibliothèque nationale, ce qui répondait victorieusement à la seconde accusation; mais pour anéandir la première, il eût fallu coiuiaître le nom dt' Tauteur anonyme. Malheureusement, la librairie Long^vay, où le livre avait été publié, avait été incendiée avec toute sa comptabilité et ses archives. Mais M. Taine connaissait assez cette époque de la Révolution pour ne pas révoquer en doute que l'auteur ne fût un téiuoin très sérieux et très bien informé.
Ce fut dans ce même été de 1871 que M. Boutmy entretint pour la première fois M. Taine du plan généreux que lui avaient inspiré nos malheurs et qui devait aboutir à une des œuvres les plus fécondes et les plus accomplies dont la France puisse s'enorgueillir : la fomlation de VÉcolc libre des sciences politiques. Conçu pendant les jours cruels du siège de Paris, mûri par des conversations avec M. Yinet*, le ])rojet de l'École future, tel (pi'il l'ut exposé ponr la première
l. M. Routiuy avait parlé pour la prennère fois à M. Vinet do ce projet d'enseignement libre dans une lettre datée du 25 février 1871. Lo premier programme d'appel dont nous parlons |)lus loin est siLîiié do MM. Boutmv et Yinot.
ir,.S CORRESPONDANCE
fois ;i M. Taille, le captiva ininiédialeiiif'iil et il se mit de font son cœur au service de son jeune ami pour aider à sa l't'ussite. D'autres hommes distingués se groupèrent également autour de M. Boutmy, tout d'abord Victor de Champlouis, qui venait de quitter l'armée', puis MM. ÉdouanI André- et Jacques Siegfried'. Pendant tout l'été de 1871. ils se réunissaient fréquemment^ pour essayer de résondre les difllcultés que les mœurs françaises autant que les disl»ositions légales opposaient à la création nouvelle. On se souvenait des écueils sur lesquels avait sombré l'iuole d'administration de 18iS; il fallait les éviter et préserver la nouvelle Kcole de toute immixtion gouvernementale. On devait trouver les premiers fonds, réunir un groupe do professeurs indépendants, préparer les |»rogrammes (\o> études, donner un statut légal à la jeune fondation. L'intelligence si élevée et si lucide de M. Boutmy éclairait tons les points obscurs et ses amis l'aidaient de tout h'ur cœur ;i surmonter les obstacles. Au mois de septembre, le plan (■'tait assez élaboré pour (\ne M. Boutmy pût adresser à un certain nombre de personnalités un programme qui était aussi un appel. Beaucoup y répondaient, entre autres MM. Cnizot i^t Laboulay»', d.ui-^ deux lettre^ remarquables"'.