‹ Sa vie et sa correspondance (volume 3)Chapitre 69 sur 136 · I. Voir i · texte numérisé non relu

I. Voir i

'1. André Kdoiuird , l);iii(|uier. lïil \o pi'fMiiior pri'sidoiit du Ci»nseil dafliiiinistratioii do fÉcole.

7). M. Jacques SiejrlViod f.-df (Micore partio du conseil dadmiiiis- I rat ion do l'Ecolo.

i. A ces amis de la première heure vinieut bientôt se joindre MM. Alfred André, Boaussire. Adolphe d'Eichthal, Hély d'oisscl. le comte Laujuinais, Rousse, de Yarigny, etc.

.">. La réponse do M. Guizot, datée du 7 octobre, l'ut publiée dans le Journal des Débats du 15 octobre. Colle do M. Edouard Laljoulaye est du ."0 septembre. Toutes deux sont reproduites dans un oi)USCule publié ou 1880, à l'occasion de CExposilion l'nivorsoljo. jtar le Conseil de l'École : L'École lihre des sciences /folilit/ites. 1S7I-1889. Paris, chez G. Cliamorot.

API'.KS I.A (.lERIIK i:)0

M. TaiiK^ puljli;i le 17 ocfolire, dans les l)éb(ils\ un arlicle (jni expliquait au jinhiic le projot de fondation; les prennèros souscriptions lurent recueillies en quelques semaines et, le 10 janvie4> 187'2, l'Kcole des sciences politiques ouvrait ses premiers couis dans un modeste local d'emprunt. A la séance d'inauguration, M. Taine prit la parole pour expliquer aux amis de l'entreprise l'esprit et la méthode qui y avaient présidé, (le discours éveilla les susceptihililt's ij'nn certain nombre d'honnnes politiques, notannnent de M. Henri Biisson. ipii attaqua très vivement la jeune Ecole,

L'enseignement ne comportait provisoii'ement cpie six cours et quelques conlV-rences ; mais les j^rolesseurs étaient ^IM. Dnnoyei", Gaidoz, l'aiil Janct. Paul Leroy-Beaulieu, Levasseur, All)ert Sorel. Le succès lut très vil"; on compta dès la première ann(''e 81) inscriptions et, .mu mois de juillet 1872, la Société anonyme de l'Kcole des sciences polititpies put se constituer avec un capital entièrement souscrit. Nous n'avons à apprendre à personne comltien fut féconde l'œuvre de .M. Boutrny; mais nous ne pouvons taire son action bienfaisante sur tous ceux (|ui euient l'honneur d'être associés à ses débuts, et en particulier sur M. Taine. Après tant de douleurs et de découragements, l'espérance du relèvement rentrait en lui à la vue de si généreux etïorts : vieillards et jeunes gens, maîtres et étudiants, hommes de science et hommes d'allaires, chacnn répotidait à l'envi à l'appel, les uns apportant leur expérience, leur |»arole, leur argent; les antres se pressant autour des professeurs pour lecevoir l'enseignement nouveau, (l'é'tait là, certes, un grand motif de consolation et M. Taine en était doublement heureux, car il le devait à l'ami si cher dont il avait et»' le maîtrt^ et ([ui était devenu im maître à son tour.

M. Taine resta jti-ofondément attaché à l'Kcole cl lit jtartie

I. Inséré dans V Ecole libre des sciences politiques o\ linns les heniiers Essais de critique et d'histoire.

jusqu'à sa iiiorl du Conseil d'administralioi). En souvenir de cette longue collaboration, M. Boutiny a fait placer, rue Saint-Guillaume, dans le promenoir des élèves, une belle reproduction du médaillon de M. Roty; il a consacré ce souvenir d'une façon plus précieuse encore dans rinoultliable étude qu'il écrivit sur son ami. en avril 1893*.

Pendant l'hiver de 1872, M. Taine et quelques-uns de ses amis, poussés par des préoccupations analogues à celles qui ont présidé à la fondation de l'École des sciences politiques, se réunirent pour préparer un projet de réforme de renseignement supérieur. MM. Ernest Bersot, Paul Bert, M. Berthelol, M. Bréal, E. Renan, ^V. AVaddington et M. Taine travaillèrent de concej't et rédigèrent un rapport (|ui fut présenté au Ministre de l'Instruction publique, M. Jules Simon. Les idées de déce.itralisation universitaire auxquelles ils aboutissaient ont été soutenues par M. AVaddington pendant son ministère, et plus tard par M. Léon Bourgeois. Elles ont été en partie réalisées après plus de vingt ans : il n'est peut-être pas iiuitile de rappeler ici les noms des ouvriers de la première heure.

On a vu^ que M. Taine avait couru le projet d'écrire des articles sur la politique, par dévouement patriotique, car

1. « Dans nos séances, Taino ne se prononçait pas volontiers; il interrogeait, demandait des explications, il nous obligeait par \à à nous mieux rendre compte de nos lins et de nos moyens. Les questions, posées avec suite et méthode, faisaient peu à peu la lumière et valaient des conseils. Ses conseils, quand il lui arrivait d'en donner, portaient sur les vues maîtresses qui sont le point de départ de l'action ; Taction une fois engagée, il ne s'appliquait qu'à soutenir l'homme cliar^é de l'exécution, à lui donner (••ntiance: il évitait de le troubler i>ar des objections de détail, .lanuiis esprit nourri de contemplation n'eut un sentiment plus vif des nécessités d'une œu^TC pratique. » Taine. Schérer. Labouloye. par Érnile Boutmy.

'1. Voir p. 178. letire du 24 janvier 1872.

r>. Lettres des 7 et 20 février 1871.

APRÈS LA GlERUE IGl

rien n'élait i>lu> contraire à ses goûts personnels; il avait commencé, avant de quitter Pau, quelques pages sur le suffrage à deux degrés : il les termina à l'automne et les publia dans le journal le Temps ; elles parurent en brochure à la fin de Tannée'. Une lettre au directeur du Temps^, sur la diffusion des journaux modérés, et une autre au Journal des Débats^, sur un moyen de payer la contribution de guerre, témoignent des mêmes préoccupations. M. Taine ne considérait, du reste, ces articles que comme des œuvres de circonstance et disait vingt ans plus tard, en parlant des pages sur le Suffrage universel : « Cette brochure n'est qu'une esquisse bien incomplète et le remède qu'elle indique serait fort insuffisant. Voir dans le dernier chapitre du Régime moderne^ un plan plus complet, au moins pour la société locale^ ».

Les Notes sur V Angleterre parurent en volume également à la fin de décembre; elles furent aussitôt traduites en anglais par M. Fraser Rae qui écrivit en tète du volume une excellente notice biographique et critique sur M. Taine et son œuvre ^,

Lorsque M. Taine voulut faire le plan définitif de son livre sur la France contemporaine, il s'aperçut vite du dénuement des sources pour la période révolutionnaire, principalement pour la province. Ses prédécesseurs, plus rapprochés que lui des événements, avaient surtout suivi les traditions orales, sans toujours s'appliquer à en vérifier la

1. Du suffrage universel et de la manière de voter: recueilli dans les Derniers Essais de critique et d'histoire, édilion détiiiitive.

Page 1