‹ Sa vie et sa correspondance (volume 3)Chapitre 70 sur 136 · II. TM.NK. — COlMtKSI'ONUVMI lil · texte numérisé non relu

II. TM.NK. — COlMtKSI'ONUVMI lil

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véracité; les Mémoires du temps n'avaient pas encore paru ou étaient souvent suspects. Le Moniteur, Bûchez et Roux, donnaient des discours et quelques faits qui étaient l'interprétation oftkielle et il fallait la contrôler. M. de Tocqueville avait écrit un livre admirable*; mais, selon la méthode de l'époque, il n'avait pas fourni ses références, et ses héritiers ne consentaient pas à communiquer ses notes. Tout était donc à créer pour M. Taine et les années 1872 et 1875 furent consacrées complètement à ses recherches dans les poudreux cartons des Archives nationales. Il partait chaque jour après un déjeuner matinal et rentrait épuisé de fatigue le soir, n'ayant pris comme collation qu'un morceau de pain et une tasse de café noir que lui faisait par grâce le portier de l'hôtel de Soubise. Bien souvent il revenait sans rien rapporter de ses fouilles; parfois, au contraire, il rencontrait un riche lilon et voyait avec joie grossir les liasses de tlches où il entassait ses matériaux. Les archivistes étaient pleins d'égards pour lui et lui donnaient souvent de précieuses indications: M. Taine en conserva une grande reconnaissance et particulièrement envers M. Maury, administrateur des Archives qui, pour faciliter son travail, avait mis à sa disposition la petite salle qui précédait son cabinet, alln qu'il pût y conserver ses cartons d'un jour sur l'autre, et ne pas perdre un temps précieux en les demandant à nouveau.* Pendant ces deux années, M. Taine tenta à plusieurs reprises de commencer son livre : mais, soit que les matériaux assemblés fussent encore insuffisants, soit que la fatigue extrême de cette préparation eût épuisé ses forces, il ne parvenait pas à se satisfaire et le travail

1. VÀJicien Régime et la liévolution: — depuis, do nombreux trnvailleurs ont suivi l'exemple de M. Taine. beaucoup de documents inédits ont été publiés à Paris ot en province; mais il faut se reporter à leur date pour savoir ce qu'étaient les sources historiques de la Révolution en 1S71. et jiour comprendre l'immense labeur de M. Taine.

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iraviiiicait i»as. Il iio s'en laissait (■opcndaiil pas distraire t't c'est à peine si ii(3iis relevons qnelqnes articles épars écrits pendant ces deux années : un, en IHT'i, sur V Aristophane de M. Emile Deschanel ^ ; un autre sur l'École des sciences politiques^, au commencement de sa seconde année de fonctionnement, pour annoncer au public son succès et les transformations qu'elle allait subir; enfin, une lettre aux Débats'\ réponse à M. >'a{iuet qui, à la Chambre, dans la séance du 10 décembre, avait essayé, par des citations tronquées ou mal interprétées, de l'enrôler sous sa bannière. Celte lettre fut j)our M. Taine la cause d'une grave contrariété. Vivant très retiré, il n'avait jamais rencontré 31. Naquet et ignorait son infirmité : il reprit dans le discours du député une phrase disant a qu'il n'y a pas plus de démérite à être pervers qu'à être borgne ou bossu » et appuya, dans sa réponse, sur le second terme. Averti trop tard, il fut très peiné d'avoir paru faire allusion, dans une polémique, à un malheur physique de cette espèce. Tous ceux ({ui ont connu sa bienveillance naturelle et sa courtoisie extrême peuvent comprendre la sincérité de ses regrets....

De 1875, nous ne trouvons dans les articles de M. Taine que quelques pages sur {'Hérédité, la thèse de M. Th. Ribot^, ([u'il se fit un plaisir et un honneur de présenter au public. 11 suivait depuis plusieurs années, avec l'intérêt le plus vif, les travaux du jeune psychologue, et aucune autre occupation ne pouvait détourner son attention des chères études philosophiques (jui occupaient toujours la première place dans son cœur. — Il avait accepté, dans un intervalle où il était forcé de suspendre ses recherches aux Archives, d'écrire sur Mérimée une étude qui devait servir de préface aux

1. Jourudl des Débats, 17 avril 1.S72, non rocuoilli en volume, 'i. W., 10 novembre IST^J, non recueilli. ,

r». /r/.. 11) décembre 187'2. Voir p. 'ilô.

4. Id., 29 novembre 1S75: recueilli (l;ms les Derniers Essais de critique et d'histoire.

16i CORRESPONDANCE

Lellrcs à une Inconnue. Elle parut les 4 et l> décembre dans le Journal des Débats et bientôt après en tête de la Correspondance'.

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