Cléineiil Charités . riilique dart
"1. M. Eugène Dufeuille, alors rédacteur puliliiiue au Journal (les Débats.
r>. Voir paye '241.
4. Julion-Mai'ie-liaslou du Veyrier, marquis de la Rocliejacqueloiu, dépulé des Deux-Sèvres (1853-1897).
•200 COKRESPOMtANCE
ne puis coiiiposur, écrire, soit que j'aie la tète fatiguée, s(»it que le sujet soit trop difficile à embrasser. En tout cas, je suis dans une époque de stérilité qui me ^contrarie et m'afflige fort. Iiien n'est pire que le sentiment de son impuissance.
D'après ce que j'entends dire, la tension est moindre en politique; il ne parait pas qu'il y ait de complot ou insurrection sous roche. Toutes les tentatives pour aboutir ayant échoué, on paraît s'accommoder à échéance indéfinie du provisoire actuel, et le budget semble en équilibre; pourtant les fonds restent bien bas.
A M. ClIAhLE- RITTtK*
Ciiàteiiay, l'^' mai 187*2
Monsieur,
Le volume que vous voulez bien mannoncer ne m'est pas parvenu ici. Hier, à Paris, il n'était point non plus à mon domicile. J'espère cependant que l'éditeur finira par ne pas oublier votre ordre. Laissez-moi d'avance vous en remercier. La préface de M. Renan dans les Débals m'a donné grande envie de lire ce recueil, .le n'ai pas besoin de vous dire que la conduite politique de M. Strauss- et ses déclamations contre la France ne
1. M. Charles Ritter, professeur à l'Université de Genève. 1. Strauss (le docteur David-Frédéric' , 1808-1874. le célèbre auteur de la Vie de Jcsiii,.
changeri)nt en rien l'opinion que je puis avoir de lui. Outre ses grands livres, je connais quelques-uns de ses petits écrits. C'est un conciliateur remarquable ; il a tout à la fois l'esprit scientifique et l'esprit religieux. Vous savez qu'en France, comme dans la plupart des pays non protestants, cette façon de penser ne réunit pas un grand nombre d'adeptes; ceux qui quittent le catholicisme poui- la lil)re pensée ne savent pas trouver les stations intermédiaires. Raison de plus pour nous en montrer une. C'est vous dire, Monsieur, que je crois votre œuvre utile au public français, et que je serais heureux de lui voir tout le succès qu'elle mérite.
Veuillez agréer, Monsieur, avec mes remerciement? (jue je vous renouvelle, l'assurance de mes sentiments les plus dévoués et les plus distingués.
A MADAME H. TAINE
Chàlenay. 5 août 187'2
Rencontré à Rossillon M. Mascart*, gendre de M. Briot, qui venait de faire des examens de physique à l'École normale de Cluny. Tous ces jeunes gens reçoivent une éducation de théoriciens, de feuilletonistes scientifiques, et manquent de débouchés à la sortie. Aussi sont-ils tous radicaux et socialistes : « Trop de galons, place à
1. M. E.-E.-N. MuscarL iiliy-icieii. lueiiibi'C Uc l'iuïtilal.
'iO'2 CORRESPONDANCE
l'ouvrier aux bras nus », voilà une i'oriimle trouvée sur leurs cahiers; de plus principes abstraits, théories tranchantes à la façon de 90 sur toutes les questions de morale et de politique. — A Bordeaux, le préfet a fait jouer d'autorité Rabayas^ quatre fois. On n'a pas entendu une seule parole des acteurs; ils ouvraient la bouche et remuaient les bras comme des personnages muets, et semblaient des mimes, tant le tumulte des sillJets était formidable. Le premier soir, dans un seul bazar, on en avait acheté 800. Le quatrième soir, on a cassé le lustre et dt-moli les banquettes. Bordeaux est tout iiandjeltiste; cela convient juste à des tètes méridionales. Mon impression est qu'en France, depuis un an, deux choses sont en progrès marqué, le radicalisme et le cléricalisme. Entre les deux, pas de place pour les libéiaux modérés.
A -MADAME H. TAI.NE
Chàteiiîiy, '.) yoùi 1872
Iliei' distribution des prix assez gentille aux tilles et aux garçons; j"ai fait un petit discours sur la nouvelle bibliothèque de prêts-. C'était sous une tente, et il ])leuvait; de sorte que, comme rillustre Gambetta, j'avais grand'peine à vaincre le ])ruit des éléments.