‹ Sa vie et sa correspondance (volume 3)Chapitre 86 sur 136 · Voir page · texte numérisé non relu

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des organes; il serait inutile de les chercher de ce côté; il n'y a que les phrénologistes qui croient aux bosses. Cela signifie seulement, comme on peut le voir dans les cinq volumes suivants, par Thistoire d'une grande nation et d'une multitude d'individus, que les dispositions morales, qualités on talents de toute espèce, tels que nous les constatons à première vue. ont pour causes d'autres dispositions morales plus simples ol plus faciles à démêler. Saint Louis et Marc-Aurèle ont été les deux princes les plus vertueux qui aient jamais vécu; il n'est pas défendu de remarquer que chez l'un la piété tendre et l'imagination presque extatique, chez l'autre l'inclinai ion philosopliique et la réflexion stoïcienne, ont contribué à fortifier le goût de la justice. Barrère a été l'un des plus vils coquins, et Saint-Just l'un des plus malfaisants fanatiques que l'on connaisse; il est permis d'étudier dans l'un la légèreté méridionale du bel esprit naturellement menteur et vide; dans l'autre, l'ignorance, l'outrecuidance, léchauffemenl solitaire de l'esprit incural)lemeiil éhoif. lliic que le vice et la vertu sont des produits comme le vitriol et le sucre, ce n'est pas dire qu'ils soient des produits cliiiiiiiiues comme le vitriol et le sucre; ils sont des produits moi'aux. (pie des éléments moraux créent par leur assenddage. et, de même qu'il est nécessaire, pour faire ou défaire du vitriol, de connaître les matières chimiques dont le vitriol se compose, de même, pour créer dans l'homme la haine du mensonsre. il est utile de chercher les éléments psycho-

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logiques qui, par leur union, produisent la véracité. Appliquée à des sujets contemporains, par exemple à l'analyse de l'esprit révolutionnaire ou de l'esprit clérical, une pareille étude fournirait peut-être d'assez grandes lumières, en montrant dans les deux esprits des ressorts assez semblables, le goût des principes admis d'avance, l'aversion pour l'expérience, l'ignorance de l'histoire, l'obéissance aux phrases toutes faites, l'instinct de la tyrannie, l'aptitude à l'esclavage : on en conclurait qu'on ne peut combattre l'un par l'autre, mais qu'il faut les combattre tous les deux. — En effet, l'analyse une fois faite, on n'arrive point pour cela à l'indilférence: on n'excuse pas un scélérat parce qu'on s'est expliqué sa scélératesse; on a beau connaître la composition chimique du vitriol, on n'en verse point dans son thé.... Le mallionnête homme est digne de de blâme, de mépris et de punition, Thonnéte homme est digne de respect et de récompense. Un « bossu )) n'est pas reçu dans l'armée; un (( pervers » qui pratique doit être exclu de la société libre.

A M. TH. RTBOT

Paris, 11 janvier 4875 (Hier Monsieur.

Je viens d(^ lire la lliéorie de Spencer* sur le choc 1. Dans la 2" édition dos Prindples of Psijc/tologij.

tîlO CORRESPONDANCE

nerveux, l iU à 157. C'est trait pour trait ce que jai écrit dans V Intelligence, I, p. '202 à t>i9i. jo ^ emploie comme moi l'exemple des sensations de son. — 2° 11 s'appuie connue moi sur l'explication du timbre par Helmholtz. — 3° 11 conclut, connue je l'ai fait p. '27S. que probablement les sensations des divers sens sont des combinaisons différentes de la même sensation élémen. taire. — 4" 11 appuie cette conclusion (p. 154) sur la raison que j'ai alléguée (p. 279). — 5" Il emploie lamème comparaison cbimique que moi. (Spencer. 155. — De l'Intelligence, p. :205).

Ce n'est pas moi qui l'ai suivi, car rien de tout cela ne se trouvait dans la première édilion de sa jtsycbologie.

Restent deux hypothèses sur lesquelles je vous prie de m'éclairer.

Ou bien (ce qui me semble peu probable, vu la ressemblance trop grande), il est arrivé à cette théorie (celle du choc nerveux) d'une façon indépendante. A-t-il en effet, comme sa seconde préface semble l'indiquer, publié le fascicule qui contient cette théorie avant le 1^' mars 1870? Et son livre actuel ne fait-il que réimprimer ce fascicule? (hi bien a-t-il emprunté sa tliéorie à V Intelligence'!

Il dit dans sa seconde préface que l'Intelligence a a fait connaître en France quelques-unes de ses maîtresses conceptions ». Cela est inexact. Ceux à qui j'ai em-

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