‹ Sa vie et sa correspondanceChapitre 23 sur 141 · L'œuvre historique de M. Guizot · texte numérisé non relu

L'œuvre historique de M. Guizot

M COr.I'.KSl'O.NDANCE

(l(ml il s'agil. A vingt, sioclcs de dislancc, on ne iteut

coiiip;)ror que les lr;iits généraux.

I.'Acafléniie, ni'a-t-on dit, donnera sa décision jeudi pi'oriiain.

A GLILLAUMH GUIZÛT '

Paris, 5 juin 1854

Mon cher Guillaume, il paraît, non pas que je vous ai remercié trop tôt, mais que vous m'avez félicité trop vite. Tite-Live est retourné dans les futurs contingents- Grande discussion hier jeudi, non terminée et renvoyée à mardi. J'ai vu M. Patin qui a eu l'ohligeance de me défendre ; mais on me rejn-oche :

Trop peu de respect pour Tite-Live et les grands hommes en général;

Un style trop peu grave;

Manque d'élégance dans les traductions ;

hiclination trop forte pour les idées modernes en fait d'histoire, etc., etc.

Mon impression est que j'ai encore deux chances sur cinq. Je vous écrirai mercredi la décision. Merci, quoi qu'il arrive, de votre ancienne, présente et future sympathie :

Non ignare boni niisoiis siicciiroro nosti.

Dans ces grandes vicissitudes de la fortune, je fais

1. (Iiiizot (Maurice-Guillaume), lils de M. F. Guizot et professeur au (;ollo';e de France, 18j5-189'2.

comme vous, je lis Henri r>cyle ; cel.i disliail de loiil ; je lu'amiiso même à i)rendre des notes sur Rou(jc et noir ; je voudrais me rendre comi)te de celle manière étonnante. Par ([iiel hasard un homme peut-il se faire relire un si grand nomhre de fois? A la première impression, on est frappé, enchanté, pénétré, mais rien de plus.

Maintenant je commence à comprendre la liaison de toutes les parties de la vie et du caractère de Julien. Jamais personne n'a vu la nature et la logique des idées et des passions avec celle profondeur.

Si votre maison est encore dehout en novembre, j'irai y chercher sous vos papiers mes Jeunes Gens de Platon que nous y avons oubliés. Quelqu'un m'avait fait penser que vous disiez adieu à vos amis le jeudi soir, et j'avais fait prier Edmond, si cela était, de me prendre. Cela n'étant pas, j'ai jjensé que vous emballiez des livres et j'ai respecté cette sainte occupation.

Si Washington ou tout autre Américain n'est pas trop absorbant, priez de Witt de songer quelquefois à m'écrire. J'espère que vous voudrez bien présenter à M. votre père l'expression de toute ma reconnaissance pour tant de bons offices. Je puis mesurer par les difficultés (pie j'éprouve tout ce qu'il a fait pour moi.

Page 1