Le Voyage aux Pyrénées
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niêmos yonx, j';ii loujonrs mes liinoKos grises; pourtant un paysage, un bon livre sont de bien douces choses. Quand je n'ai pas mal à la tête, des sensations charmantes me reviennent en foule, non pas tant des Pyrénées, qui ne sont grandioses qu'en deux on (rois places, mais d'un ruisseau, d'un effet de soleil, dune ferme sur la roule, d'un clocher au bout dune plaine. Je suis peintre de genre et d'intérieurs, mais inédit. — Ce maudit livre me donne bien du mal. Je n'ai fait toute ma vie que des raisonnements, je suis habitué aux abstractions, il faut que je sorte de moi-même, que je change toutes les allures de ma pensée, que j'apprenne le style descriptif. Un autre malheur est la monotonie du genre; décrire et puis décrire, cela fatigue au bout de dix pages, j'en dois faire trois cents. Je suis obligé de chercher des incidents, etc., et de les enchâsser comme je peux, pour me faire lire. — Mon camarade About est plus heureux que moi. Son genre d'esprit est mojinayable. Il est homme du monde et de conversation ; cela s'adresse à tous les lecteurs. Le mien ne convient qu'à trois ou quatre gratteurs d'idées silencieux, épars eu France et en Allemagne.... Je ne suis pas moi-même honmie du monde, et j'avoue que de jour en jour je me sens plus de dispositions à faire l'ours. Paris me plait parce qu'il en donne le droit; on n'y dépend pas de l'opinion publique, on ne traîne pas après soi sa réputation, comme un chat la casserole pendue à sa queue. Je vous plains de toutes vos tracasseries de société : quand on ne vit pas seul dans un
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lioii, il faut salteiulre à èlve mordu par ccftG masse d'animaux malfaisants et imbéciles qui infestent la vie humaine, et pullulent en province plus qu'ailleurs. Je crois pourtant qu'on s'accoutume à tout; beaucoup d'enmiis Unissent par ne plus être sensibles. Tout le monde est Werther à vingt ans, à trente on est réconcilié avec la vie; on est comme dans une diligence, froissé d'abord et foulé; on finit par se tasser, et être à l'aise. La misère de tout cela est qu'on doit partir, au moment où l'on commençait à se trouver bien.