‹ Sa vie et sa correspondanceChapitre 36 sur 141 · II. T.MM;. lOllUKsIMlMlAM !.. II. (j · texte numérisé non relu

II. T.MM;. lOllUKsIMlMlAM !.. II. (j

8'J COHIŒSPONDANCE

OU toutes les facultés primitives de Gall. Cette passion est la présence et la prédominance habituelle d'une certaine classe d'idées, lesquelles causent à l'individu en qui^slion un plaisir plus grand que toutes les autres, et par conséquent maîtrisent et diligent sa vie. Il s'agirait de détei'ininer quelle modification originaire des facultés intellectuelles donne cette pente aux facultés actives.

Ainsi la vanité, ou habitude d'avoir dans la pensée l'opinion des autres. Comment se fait-il qu'un individu ou un peuple ait, naturellement et tndépendamment de l'éducation, un penchant à regarder hors de soi, ^e puisse se voir et se juger lui-même qu'en se contemplant dans les yeux d'autrui? Qu'est-ce qui fait que les yeux de son âme sont originairement tournés en dehors, au lieu d'être tournés en dedans?

.le ne demande |)as quelle est la cause cérébrale, par (juel arrangement de libres, pai- quel dosage chimique. On ne le saura jamais, et quand on pourrait le savoir, je ne m'en soucierais guère. Je demande la cause intellectuelle, c'est-à-dire le mode irréductible et primitif de penser duquel dépend cette habitude innée.

Par exemple, ne serait-ce pas la cause suivante?

Soit un Français; il est certain (pi'il dilléi-e des autres peuples par la vivacité et la légèreté de ses conceptions; elles naissent et puis aussitôt s'envolent; comparée à la pensée anglaise ou allemande, sa pensée est un éclair. — C'est pourquoi quand il veut connaître les objets, il a besoin d'un miroir qui les fi.xe ; il les

regarde dans la pensée d'un autre, faute de pouvoii- les contempler assez longtemps dans la sienne; incapable de l'attention concentrée qui forme les opinions originales stables et personnelles, il n'a pas d'opinions personnelles, il prend celles du public. L'attention et la concentration produisent l'orgueil, la fermeté, l'égoïsme, la ténacité, la prudence, l'esprit d'affaires, l'espi-it anglais. Le man({uc d'attention et de concentration produit la sociabilité, la vanité, l'inconslance, la sympatliie, la témérité, l'esprit de conversation, l'esprit français.

Mais qui produit l'instabilité et la légèreté de la conception ?

Il faucb'ait remonter ainsi, jusqu'au point où commencent les explications physiologiques, chimiques, etc., et prouver qu'alors il ne reste plus que ces explications.

Cela fait, il faudrait, par une fable générale des inclinations réduites à leurs causes, déterminer celles qui s'excluent et celles qui s'entraînent. On arriverait ainsi à connaître quels sont les caractères possibles et quels sont les impossibles, et l'on aurait a Dynamique morale.

Si Hachette accepte mon livre sur Shakespeare, je m'enfoncerai dans ces questions-là. — As-tu quelque chose là-dessus? Que dis-tu de cette recherche? Tu vois que ceci est en dehors des classifications que nous avions faites, et du principe généi-al que nous empruntions à Spinosa. C'est une recherche nouvelle qui

si CUHUESPONDANCE

pourruil s'appoler ainsi : EUido sui' les causes primitives (les passions innées, sui' leurs liaisons, et sur leurs incompatibilités.

Causons, et oublions noire métier de gâclieur de iilàli'c.

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