Le docteur Letorsay, médecin à Orsay
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iiiliiiics de la lumirrc cl de l'uiMlirc, fl lui avaiL'iit rcvclé les l)oautcs supérieures de; l'ai't de Renibraudt.
Pendauf les premiers mois de 1X57 parurent quelques Iravaux préparés l'auiiéc précédente : d'abord dans la Renie des Deux Mondes une élude sur Thackcray', suivie d'une seconde sur .Millon-; puis le Journal des Débats publia successivcnieiil un arlicle sur la princesse de Ciévos^ et I l'ois autres sur M. Troploni; el M. de Montalembert*. Ceux-ci avaient été déposés l'année précédente, comme nous l'avoiis vu, à la Revue des Deux Mondes, qui. finalenienl, n'avait pas osé les insérer. Enlln un article sur l'esprit de la UéfonMe en Angleterre'', dans la Revue de, rinslruct'wn publique, eomplèle, avec la ]trét'aee des Essais de erilique el d'liisloiie'\ le maitii'e bilan lilliTaire de cette année 1857. Le volume d'Essais de crili(pu' et d'hisloire parut à la librairie llacbelte en février 1858'.
1. Wiltltiin Tliaclicrdji. son lalcnl cl ses truvrcs, 1"' janvier 18Î)7; reiMMiJulL dans la 1"^= édition des Ensnis de erilique et d'/iistoire. il (lisiianit de la '2" édition et forme maintenant, avec do noinbrenx cliunj;cnicnts, le second chapitre du V" volume de i'/Z/s^o/'/r de la Lilléralurc anglaise.
'i. Millon, son rjénie et son leinps, 1,") juin 18J7. Très remanié dans Yllisloire de la Lilléralurc anglaise, tome II, livre II, chapitre vi.
r». '25 février 1857 ; irciicilli dans les lissais de critique et d'Iiis. loire. Voir page 154, lellre du 'ii févi-ier.
i. '28, '2'J et 30 avril 1857; l'ccucillis dans les Essais de critique cl d'hisloire. Voir page 150, lettre du 8 juillet 1850.
5. 4 juin 1857: refondu dans la lAUérulure anglaise, tome 11, livre II, clia[)ilre v, la lienaissancc rhrclicitnc.
0. 24 janvier 1858. Cette préface disparut desédilions suivantes; nous la rétablissons, conjointement avec la préface de 1806, dans l'édition déllnitive des Essais de erilique cl d'hisloire.
7. Le livre contenait, outre la préface, les articles suivants ; M. Macaulay, riéchier, Charles Dickens, M. Cuizot, Thackeray, les .linnies Cens de l'Iaton, Saint-Simon. Mme de la Fayette, 31. Miclielet, M. Troplong- et M. de Monlalendjert. Ce volume a subi au cours des différentes éditions de profonds remaniements; les
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Au (•(iiiiiuoiicciiiciit lie 18.')8, jiprés iino ama-e ilc ivpo^, M. Taiiil' put pendaut (luelquos mois Iravailler deux ou trois lioures par jour. C'est alors qu'il écrivit sou im|»ortaut Essai sur Balzac^ et qu'il propara la seconde édition, cntièrenicnl rel'undue, du Voyaç/e aux Pyrénées-. 11 publia également à cette époque des articles sur Marc-Aurèle^, Racine*, Assolant=, M. de Sacyc, et enfin deux grandes études pour la littérature anglaise : Swift', et Dryden'*.
A la fin d'août de la même année, se sentant toujours
articles sur la Littérature anglaise disparurent et d'aulres qui les reinplacércut furent à leur tour supprimés, ou fondus dans les deux autres volumes d'Essais. L'édition délinitive comprend avec les deux préfaces : La Bruyère, Michelel. .]cji)i Haj/naud. IMalon, M. Guizot, Xrnopliou, Saint-Simon, Llécliier, Mme de la i'ayelle, M. Trnplong et M. de Montalemliert.
1. Journal des Débats, o février 18r)8, la Vie et le caractère de Balzac: — 4 lévrier. l'Esprit de BaLac: — 5 février, la Doctrine de Balzac: — 25 février, //• Monde de Balzac: — 2.') février, /rtiraiids personnages: — 5 mars, la Philosophie de Balzac. Recueillis dans les youveaux Essais de critique et d'histoire.
2. Parue en juillet 1858. Voir pape 5 note 1, et page 159. lettre du 2 avril.
5. .Journal des Débats du 23 mars. Article sur le livre d'Kdouard lie Suckau, recueilli dans les Nouveaux Essais.
4. Id. du 2.") juillet, liaciuc. — 1. Esprit de sou Ihcàlrc: — 24 et 27 juillet. Id. II et Ht. .)/(/'/(/* de son Ihcâlrc: — 11 août. Id. lY. Les Dienyéauces de S(»i Ihéàlre. liecueillis dans les .\"/^vcaux Essais.
5. hl. du 1.'^) novemhi'(> : Scènes de lu vie au.r Etals-Unis: non recueilli.
C. Revue de l'Instruction jniblirjuc du 18 novembre : Variétés littéraires, morales et historifjues, par M. de Sacy. recueilli pour la première fois dans les Derniers E.'<sais. puis placé à son rang dans les Nouveaux Essais, édition délinitive.
7. Bévue des Deux Mondes dn 15 août : Swift, son génie et son œuvre: refondu dans la Littérature anglaise, tome IV, livre III, chapitre v.
8. Id. \" décembre. .Jolm Drijilen, sou talent, son caractère et ses oeuvres: refondu dans la Littérature anglaise, tome III, livre III, chapiti'e u.
AN.NtES 1857-18^0 l.-,5
>(iiilT'i;iii(, \\. T.iiiir chercha (hins les voyafjîc.s à la luis une ilislraclioii cl ini renouvclleiiienl iiileliccliirl. Il fit une excursion de quelques semaines en lielgique, en Ilullande et sur les bords du Rhin; il y (■tudia les maîtres avec quelque idée de faire un livi'e sur la |)eintin-e hollandaise; mais ce n'esl que dix ans j)lus lard qu'il utilisa pour ses leçons de l'Kcole des Heaux-Arts et pour la Philosophie de l'Art les notes recueillies en 185S. Il rentra en France par Cologne, Ileidelberg et Strasbourg; on trouvera plus loin ses premières impressions sur l'Allemagne'.
Malheureusement, la diversion du voyage ne suffit pas à conjui-er la crise menaçante : M. Taine se trouva bientôt plus malade qu'auparavant et l'année 1859 fut la plus triste el la plus stérile de sa vie; il crut sérieusement alors que le ressort intellectuel était tout à fait brisé; il essayait parfois de reprendre son travail, une étude sur Addison, (|uel([ue lecture intéressante ; mais la plume ou le livre lui glissaient bientôt des mains et il retombait dans sa cruelle iiuu-lioM. (Il' n'est qu'à la lin de l'anni'e (pi'il ]ml, avec des ménagements inlinis, reconnnencer à écrire; depuis, il eut souvent encore des périodes de repos forcé, mais jamais avec la jtersistance e( l'intensité de celte |irfmién' al teinte.
A M. A. IIAlZl'ELl)
Paris, U février 1857
Vous éles d'une obligeance charmante, mon cher
Monsieur; j'ai profib'' de votre cadeau-, j'ai entendu la
1. l'iii' |iirlif tics notes du voyage en li.lgi(juc (^t lmi Hollande ont paini dans la llcvue de Paris (15 juin et 15 juillet 1895). "l. In billet i)our le Conservatoire de musique.
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syniplioiiic en si bt^iiol, et je vous reniercic cent l'ois. Mais pourquoi une lettre si couiHo? C'est à vous de nie causer. Songez que je suis malade depuis quatre mois, incapable d'écrire et même de lire, ayant une calotte de plomb sur la tète et en outre des névralgies fréquentes. Rien n'y a fait, ni liydrotbérapie, ni pilules fei'rugineuses, ni régime. Les médecins me disent de me tenir tranquille et d'avoir ])atience. J"ai renoncé à tout travail, je ne m'occupe plus qu'à faire passer à la Revue des Deux Mondes deu.x articles qui ont six ou buit mois de date; je donne trois ou quatre leçons par semaine, et le soir je vais bâiller, dire et écouter des niaiseries dans le monde. A peine si en buit jours de répit accidentel, j'ai fait un petit article sur la Princesse de Clèves pour les Débats. Kcrivez-nuti et ne m'en veuillez pas de ne pas écrire. C'est vous qui pensez, qui avez des idées nouvelles et qui faites des lectures: dites-moi ce que vous décidez sur votre manuscrit, si en même temps vous faites Thucydide. M. Viilemain tient beaucoup à ce second sujet, il m'a engagé à le traiter, mais je suis trop uialade. Ouel beau travail, si l'on compare cet homme et son pays aux républiques d'Italie du moyen âge et à leurs historiens. Les arts sont nés à deux reprises sous des climats semblables, sous des constitutions semblables, parmi des mœurs semblables. C'est un des plus heureux sujets de philosophie historique, et je serais bien content de le voir tomber sous votre main.
Adieu, et pardonnez-moi de Unir si vite; je ne suis
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plus un Ijornmo, mais un mollusque dorclri; inlôiieui', et je ne sens plus ma cervelle que pour en souffrir.
A ERNliST HAVI:T
OrsMv, 10 juin I<S.")7
Un malade qui ])laiite des choux et fait cinq lieues par jour vous prie d'accepter, Monsieur, cet écrit' composé il y a liiiil mois, du temps où il avait encore un peu de cervelle. Aujourd'hui, un estomac, une paire de jambes, une laiiyue dont il se sert deux fois par semaine pour donner des leçons, voilà tout ce (\m lui reste. Il les exerce le mieux qu'il peut afin de redevenir gratte-papier au plus vite, et le médecin lui })romet que ce sera l'hiver prochain.
Il a pourtant, contre les ordonnances, usé dernièrement de cette pauvre cervelle; jugez si sa raison n'était pas bonne : il retrouvait à la campagne votre Pascal. Il s'esl rappelé la bonté charmante que vous lui avez témoignée en lui envoyant ce livre-, à lui, pauvre régent de collège, noyé dans les méchancetés d'une petite ville. Il a relu ce modèle d'exposition, de ci'itique, de psychologie, de sympathie et d'éloquence; et il vous ollre, comme autrefois à l'École, un essai