i:i)|;I!r.SPO.M)A.NCE
points de vue; il coule eiilre deux rangées de solides montagnes qui renferment comme enti-e deux murs. Ces murs sont fendillés, écorcliés, noircis, parsemés de châteaux en ruines, perchés sur les crêtes; tout cela par un soleil magnifique, sur une eau verte ou bleue, large comme un lac, et qui au soir ondule rouge ou dorée comme un fleuve de métal fondu.
Il ne faut pas s'imaginer pourtant que je viens de traverser des extases; j'avais souvent trop chaud, les yeux las ou les jambes lourdes; sauf un ou deux moments, cétait plutôt une rêverie tranquille et bien nourrie, comme celles qu'on a dans son lit, le matin, après un bon sonnneil. En fait de plaisirs d'espiit, pour moi du moins, tout est accident; j'ai eu cet hiver des sensations plus vives en voyant le soleil se lever sur les quais. De même les tableaux et les églises : ils m'ont fait plaisir plutôt par les idées et vues nouvelles qu'ils me suggéraient que par leur beauté propre. Je suis critique et non artiste.
Voici une page de mon journal; à partir de Rotterdam, je ne l'ai plus tenu.... Après tout, cette vie de lanterne magique à l'auberge ou en voiture ennuierait si elle durait plus d'un mois.
ANNEES I8ô7-18ô'.l 112
NUTKS SIH L allemagnl:
Senones, '29 seplemlne 1858 Voici mes remarques sur l'Allemagne ; mais je n'ai vu qu'un coin du nord-ouest et en passant....
l/Alk'Miand est tout jiiiniitif ; il s'abandonne au premier raouvemenl. Nulle habitude contractée, nulle passion réfléchie n'altère ce jet; son naturel fait contraste avec l'orgueil anglais et la vanité française. Au plus fort de l'élan, l'Anglais songe à ce qu'il se doit, le l'^rançais à ce que penseront les autres ; l'Allemand point. De là beaucoup de bonhomie, de naïveté, de grâce et aussi de niaiserie. Ils sont un peu enfants. Par exemple, j'ai vu deux ou trois accès de colère, entre autres un soldat furieux contre un étranger qui avait forcé une consigne : il l'ugissait, sa voix était comme une tempête, cela m'a rappelé les barbares de (Ihateaubriand et d'Augustin Thierry ; de même l'amour, l'épanchement : les sentiments ici sont purs, dans la violence, dans la douceur, dans la générosité, dans la sottise. C'est une eau sans mélange; la race est à sa source, non transformée. Peut-être est-ce la cause de la ressemblance qu'il y a entre la prononciation et l'écriture ; les racines et les idées n'ont pas été tordues comme en français et en anglais.
J'insiste sui- ma remar(|U(> d'autrefois. L'amour est
t. Voir p.'ijie j.'>7 les noies (le 1S70.
iiifiiiiiiieut uuvorl cl innocent. Deux fiancés fort riches et ijien mis, à nei(lell)erg, m'ont étonné ; ce sont les façons d'un étudiant et d'une lorette hardie. Vnschuld, me répétait mon voisin de droite ; tout le monde regardait la chose avec complaisance ; cette complaisance prouve de l'imagination, un bon cœur. Mais, bon Dieu ! (juelle éducation que colle qui laisse une fille de vingt ans si enfant, si naïve ! Si ses enfants meurent, si son mari se ruine ou se casse le cou, sur quoi s'appuiera-t-elle'.' Ai volonté exercée personnelle, ni jugement net et désenchanté sur le monde et sur la vie, ni capacité commandante et raisonnante; la véritable compagne est la Genevoise que j'ai rencontrée à Amsterdam : point minaudière ni vaniteuse à la française, un peu bornée d'esprit, mais sensée, solide, réfléchie, capable de donner un bon conseil, de le suivre quand on le lui donne. lieutenant de son mari et capitaine au besoin quand le mari tombe. Gœthe est un grand peintre ; j'ai relu ici son Faust : sa Marguerite est d'une vérité admirable ; aimer, s'abandonner, pleurer, rêver, souffrir, mourir, — voilà ce que prédisent toutes les tètes que j'ai vues parmi les Allemandes, depuis un mois.
Ses scènes de villageois et de buveurs sont toutes allemandes, profondes, parfaitement fausses en France. Les buveurs parlent d'amour et ils le sentent ; ce serait de la galanterie chez nous. Ils chantent ou on leur chante des chansons qui remuent l'imagination et la fantaisie, mais fades pour nous ; l'esprit, le piquant manquent absolument. — Ils hurlent et s'emportent
ANNÉES 1857-IX.jU ITà
grossièrement, en ours, en hiureaux ; le tempérament est plus fort que chez nous. — Leur rire est un éclat de bien-être physique ou un sourire calme de ventres bien remplis ; le rire chez nous vient du choc brillant d'idées drôles; ils digèrent, nous gambadons. — Valenlin, pour tirer l'épée, a besoin de se secouer, de faire tapage avec ses souvenirs; nous dégainons plus vite. — Ils sont plus naturels, plus corporels et plus lents.
Rien d'amusant comme les soldats qui font l'exercice ou les garde-postes des chemins de 1er. Ils portent armes avec un pieu, le corps consciencieusement droit d'une raideur mathématique, sans songer à prendre une tournure leste de crànerie militaire. — L'Allemand doit se battre par conscience et consigne, le Français par vanité et honneur.
iJe Uingen à Coblentz, j'ai causé avec un journaliste de Francfort et un négociant. Du bon sens, nul esprit; deux fois ils ont essayé une plaisanterie avec un épanouissement de cœur et un contentement d'eux-mêmes bien plaisants. Le journaliste qui boite m'a dit : « Vous n'avez peut-être pas vu mon pied; je suis le diable boiteux ». Fil vérité, il n'avait pas l'air diabolique. — Le négociant, arrivé avec moi au pied du Stolberg après une longue iiiaiclie. a trouvé porte close. — Il a réfléchi et, en se frottant les mains, il m'a dit tout joyeux : « Nous avons été à lioine et nous n'avons pas vu le pape ». Ces deux exploits de style les émerveillaient.
Le journaliste (de troisième ordie) a l'air d'un vieux savant râpé ; chez nous il aurait l'air d'un bulièiiie. Du
176 CORUESPOiNDANCE
reste brave homme; il jouait avec une bonté louchante, caressant k petite fille de l'autre qu'il appelait Clàrchen. Il y a un fonds de sensibilité imaginalive chez tous; certainement ils ont meilleur cœur que nous. C'est toujours le même mélange : conscience avec un grain de niaiserie. J'ai lu beaucoup de leurs journaux, les nouveaux mariés se mettent dans les annonces ; un père « a l'honneur d'annoncer à ses amis que sa femme Elisabeth une toile, née une telle, vient d'accoucher d'un garçon bien poi'Iant ». Le ridicule n'est pas là pour faire justice de la sottise. Mais la conscience sauve tout. Les articles de critique, correspondances, comptes rendus, valent beaucoup mieux que les nôtres; point de bavardages, point de gambades pour faire rire l'abonné, ou de tirades à côté pour se faire admirer de lui. Un abrégé exact, complet, solide; le journaliste a lu tout le livre, est au courant de la science, vous évite la peine de le lire. Ils sont dix fois plus savants que nous et mieux savants. Ce dernier mot pourtant n'est pas absolument vrai. Beaucoup d'esprits sont des greniers à livres, collectionneurs, empileurs de faits. Un monsieur que j'ai vu à Strasbourg faisait collection de voyages à pied, il était allé en iNorvège, aux monts Karpathes, ayant rapporté des ampoules et point d'idées. Tel, par distraction, un jour, apprendra le berbère ou le copte. Ce sont des engloutisseurs en fait de science, plutôt que des gourmets.
Mon négociant est excellent ; il m'a conté sa vie de famille, le soin (jue ^a l'einine prenait de lui; conunent
(ont le monde élail coiilcnl (|ii;m(l il I l'Iiiil, de. .lui fait naturcllciiKMil lavocat du diable, je lui ai décrit nos mariages de convenance, la froideur des deux époux, la coutume de n'avoir qu'un ou deux enfants, l'habitude d'aller le soir dans le monde, les doubles familles de Belgique et de Hollande ; il levait les mains au ciel, scandalisé. — On doit être bien heureux et bien honnête chez eux, en famille. — Beaucoup de sens, des paroles justes, rares, réfléchies. Quel contraste avec deux familles françaises, l'une à table à la Haye, l'aulre au Musée d'Amsterdam, bavardes, grognonnes, avec une admiration de commande devant les tableaux, parlant haut pour être entendues, visiblement stupides et encore plus ennuyées! Nos Prudhommes sont la lie de l'espèce humaine; leur vanité est à souffleter.
En gros, voici les trois points frappants dans l'Allemand : 1" Le tempérament flegmatique (sensations ternes, action lente, trop d'eau dans le sang). H est commun à l'Anglais, au Flamand, au Hollandais. — !2» La conscience ou habitude d'obéir à une consigne qu'on vous donne ou que vous vous donnez ; elle sert à l'Anglais dans l'action politique et commandante, au Flamand et au Hollandais dans l'industrie et le balayage. — 5" Enfin, ce qui est proprement allemand, les sentiments primitifs. L'Anglais, le Belge et le Flamand ont agi sur la natui-e et la société. L'Allemand est resté à l'état originel, exclu de la mer, des affaires politiques, du bien-être pratique, enfermé et conservé dans la
H. TAINE — CORIiESPONDANCE. H. 12
I7S COItlil'.Sl'ONhANrt'.
ir-vt'i'ic cl l;i scit'iicc. Il n'y ;i [i;is de lacc pliis jeiiiir \.i' hirii cl le Mi;il sitril loiil (huis vc mol.
A i;ii(»r\c,i) nr: si-ckam
l'.'iiis, '20 iiovcinhrc 1K."»K (Hier l'Edouard, mms soiiiiiics à hli'iriicr Ions les deux, rriJiis loi surlonl. Tu n'as pas ivpondii ;i ma dcrnicic Icllre cl In le porics hicii.
,lo suis l'orl souillant., mon ami, loujfturs de la (('^tc; je lis ou j'écris à peine deux lieuics le malin, le resie du joNr je ni'cMiMiic, cl jr lue Irislmiciil le Icmps. (les deux pauvres liciires, je les ^aide <-oninie je peux à ma l.illéralurc aii;^laise, roiiire les demandes d'ailicles (pii me |»leuvent do Ions côtés. Vaclierni \iciil de laircdciix l^vos volumes de Mélapli\si(pie, (pii ne me plaiseni pas. Ce n'est (prune dé<'octioii de llej,^el, délayé, à demi «•oiiipris, sans comiaissanre des sricnccs positives; l'i-colc (!ousiii, nii'iiii' dans ceux (pii la ipiilleni, reste toujoiiis parmi les f^énéialités-lartines. - lîi^Mult ' est malade comme moi. ■ — Sarcey est <lans le FKjfin) sous le iinm de de Sullié|•es^ — Mtoiil linil un roman cl une comédie. Ilenan achève ses langues sémili(pies,
1. liin.niil (Aii^;i--lli|.f)olylc;, lill(M;ilciii' t«'2l-l8r)K . Kiilié à rKcoJi- iiDi'iii.'ilc (Ml 1X41. Il iiioiiiMil II' 21 ili'ccinlirc.
'2. Il sifîiia de ce imm un ;iiliili' mii- M. T.niir rit/nin ilii '27 f.-vi-ici- \m)).
\NM;r,s is:.7 i.s.vi I70
cl \.i |illl)li('l' iiiir ll'.'MllK'lidii «le .liili. Nnil.'i. iiinii ;iiiii, l(Hll ce (|iii' y VOIS (riiili'K'ss.iiil .
l'ici'is-iiioi l(»iii;iii'iiii'iil. ne innis S(''|nir(nis p.is liu|(; (|ir.'is-lii r.iit (Ml Mli'iii.'ii^nc. i|ir.'is In ii|i|)ris, (|iii> veux lu, (|tr<''lll(lii's-lii, (Hicllos sdiil les t's|>(''i'illlC('S llliivci siliiiics'.' I';ii'lf-iii(ii Immii('oii|i, j moi (|iii ne |icii\ le |);ii'l('i'. I,;i \ ii> nous l'Ioi^iii' l'ini (l(* r.iiilit'; l'ivvosi est IVoid |i(ini' nidi. ;'i cinsc (le s;i p.ission |>()lili<|ii(' ; je lui n'ininiic cuimiic lii'dc cl «Mrii|K' .lilji'iiis.
Je suis .illc en sc|»I('iuIh'c cl ccldhrc c[\ llcl^i(|U('. eu lldll.'iuilc, cl je suis t'cvcuu |i.u le Itliin ; j'iii vu lic.iucoiip <lc l;ililc.iu\ , l'.ii |m''iIii' (|ui'li|ucs idées siu' le Moyeu A^e cl Im Ucu.uss.iiiee, siu' les c.ii'.ielcres u.ilion.iiix; ui.iis je ne uic suis |»;is ^uéri ; e'cl.iil le lui! |>iiMci|),il ; je suis l'oreé de passer eucoïc mi.i vie ,'i me pidiiicMcr sur les «piais.
Nulle passion ici; en poiiliipic les uns se rcsi;^henl, les aidrcs dormcnl ; rihiirris l'ail lonjonrs du IVaeas cl (Ml le regarde avec euriosilé, ((Miime un panliti iMinaiil ; il n'y a point, de drapeau; les jiMiiics ;^(Mis des écoles son^(Mil à pass(M' l(Mirs cxaimMis, cl les aiilrcs à lairc l(Mir eluMiiiii. joui cela csl Imimi Ii rue ; iihmi plus
,i;raii(l plaisir csl de caiisiM' avec les ^;(Mis spi'ciaux. Mais (pie V(Mi\-ln ipr(Mi ap|M-(Miiie (piand (Mi se c(Miclie à ikmiI' lliMircs'.' Je vis |ilus (MI proviio ial (pic loi.
l'iiie(M'c une l'ois, cIkm' Kd, é(Mis-iiioi.
A EDOUARD DE SUCKAU
Orsay, 7A) janvier 1859
Mon cher Kdouaid, In vois ([iie je l'écris par la main d'un autre ; lu avais bien deviné, je suis tout à fait à plat, défense m'a été faite d'écrire ni de lire, et je m'ennuie fort.
J'ai été passer un mois dans le Midi, à Hyères, Marseille et Nîmes ; en ce moment je suis à la campagne, je bêche le jardin, je vais en voiture et je joue avec ma nièce.
Merci de tes politesses; mais ce ne sont que des politesses, que l'on t'a faites parce que tu es mon ami. Prévost porte le drapeau d'un parti politique ; About gagne trente mille francs par an et vend les Mariages (le Paris à quarante mille exemplaires; je n'en suis pas là.
Tu as tort de passer tes examens de droit, c'est llàner laboi'ieusement ; à ton âge il faut produire, c'est le seul moyen d'apprendre. Recommence ce que tu as fait sur Marc-Aurèle, en prenant des Allemands à peu près inconnus, demi-littérateurs, demi-philosophes, Jean-Paul, Lessing, Jacobi, Schleiermacher, etc. Cela passera à la Bévue des Deux Mondes et ailleurs; tu en arriveras plus vite aux facultés et à Pai-is.
About fait une Italie contemporaine contre le pape. Prévost est un peu souffrant; sa femme est accouchée d'un garçon ; il est retourné à Aix depuis le 15.
Je vis en liiiilre; je n'ai plus de lorons, j'évite fie penser, de causer, je ne puis que le serrer la main. — J'étais fort triste d'abord de mon état et de l'avenir; depuis je me suis fait de la morale et j'ai re])i'is mon équilibre.
A EDOUARD DE SLCKAU
Orsay, 50 juin 1851»
Mon bon Edouard, je vais un peu mieux, pas beaucoup mieux ; je lis une heure par jour, peut-être vais-je essayer, l)ien lentement, de linir pour les Débats mon travail sur Addison'. Je llàne et cours les bois assez tristement; mes réimpressions traînent ; tu imagines ma vie; je suis une macliineà vapeur sans chaudière, et je me rouille ou je pourris.
Ton article de la Revue (/ermanique est plein de faits intéressants, mais à mon avis pas assez systématisés, ne faisant pas boulet, n'aboutissant pas à quelque grosse idée générale sur la différence de la France et de l'Allemagne, sur le caractère de la poésie primitive, etc. Tu vois que j'enfourche mon dada. Pour sortir du compte rendu, il faut démontrer une thèse, ou faire une découverte.
Prévost-Paradol ne m'a pas envoyé son livre, je n'ai
1. M. Taiue fut contraint d intorronipre de nouveau; l'article ne parut qu'en janvier 1860. Voir p. 185, note 1.
pas Iq linlroduclion. — Le livre d'About' est amusanl, un peu faible ; il n'en a passé que six mille à la frontière, de sorte qu'il n'a pas gagné beaucoup d'argent. Aujourd'hui les exemplaires coûtent 15 francs à Paris.
Je te i'élicite de la part glorieuse que tu prends aux processions. Sanctifie-loi, mon ami, c'est ainsi que tu reviendras à Paris, professeur de philosophie.
Iiienile neuf pour moi, ni autour de moi. Je lis les traductions chinoises, parce qu'elles sont ennuyeuses, et aussi parce qu'elles ouvrent des cases nouvelles dans l'esprit. Ces bonnes geas, il y a trois mille ans, avec leur sèche langue algébrique, avaient trouvé notre panthéisme abstrait: le Tao, ou Raison abstraite génératrice de toutes choses. Mais faute de sciences positives, ils en sont restés à ce premier pas. J'ai du plaisir à trouver en Inde et en Chine la confirmation de mes idées sur la liaison des différents ordres de développement qui composent une civilisation.
L'Empereur a bien de l'esprit ; il fait comme Meyerbeer qui lâche un ouvrage tous les trois ans pour se tenir haut dans l'opinion ; voilà comme on règne, en France, à coups de succès.
i. La Qitcatioii loiiiainc.
A .1. J. WKISS
l'nris. '20 (Ircciiilnr 18.V.> Mon clier ami, je lo leniercie ot je te l'élicite bien sincèrement de ton article'. C'est de la ciiliciue définissante. Tu as trouvé le moyen de plaiie aux gens et de leur dire des vérités, d'être agréable et indépendant.
Au fond, je pense à peu près comme toi sur tes reproches. Je ne suis pas un artiste, je n'y ai jamais prétendu. Je fais de la physiologie en matières morales, rien île plus, jai emprunté à la philosophie et aux sciences positives des méthodes qui m'ont semblé puissaides, et je les ai appliquées dans les sciences psychologiques. Je traite des sentiments et des idées connne on fait des fondions et des organes. Bien mieux, je crois que les deux ordres de faits ont la même nature, sont soumis à des nécessités égales et ne sont que l'envers et l'endroit d'un même individu, l'Univers. Voilà tout, les défauts sortent ici de la même donnée que les mérites ; j'accepte très bien les premiers; toute mon ambition est d'écrire mon idée. Quant à la forme, ce n'est qu'un moyen de me faire mieux comprendre. J'en fais aussi bon marché qu'on voudra.
(let article et celui sur Prévost me semblent si excellents que j'ai envie de les lire à M. Bertin ; si tu veux, j'en
l. M. Wciss aviiil pulilié dans l.i Revue île Vlnst nul ion publique ilii l."> ili'femlii'i' un ai'liclesiir les Esmtis dcc>i(i(/iic cl d'kistoire.
181 CORRESI'OiNDANCE
parlerai à M. Cuvillier-FIeury. Il ne s'effrayera pas de lire deux articles seulement, et sur deux de ses rédacteurs. Tes deux gros paquets étaient peut-être trop gros.
En tout cas, je crois pouvoir te répondre que ton entrée aux Débats ne peut être que retardée. 11 y a de vieux fruits passés qui tomberont, il y a une ou deux places actuelles mal remplies. Je vois d'avance la case; elle te reviendra.
Je vais beaucoup mieux, et je travaille quelques heures par jour.