Dniis le JoiiriKil (1rs Drixils
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(( Ji' déteste, je méprise Rossini et j'en suis bien content. Son talent n"est que de l'art, c'est un viveur, il n'a ]»as d'Anic ; la musique n'a d'autre but que de rendre visil)le une âme passionnée et mnlhoureuse.
« A la cour de Hanovre, après l'adagio de Roméo et Juliette, je sens un tiraillement aux basques de mon habit, je me retourne, c'étaient deux musiciens qui les baisaient en disant : « Respect, respect ». Cela n'est pas vil en Allemagne.
« Adam fait de la musique de cuisinière, Auber de la musique de loretle. Auber répond à une invitation de dîner près de Luciennes : « C'est trop loin, je ne vais à la campagne qu'en dedans des fortifications. ))
(( A Londres, conduisant l'orchestre de Drury-Lane, ime chanteuse dit : k Voi cite sapete » avec des fioritures, etc. — J'arréle tout : u Mademoiselle, c'est votre maître de nuisique qui vous a écrit au crayon ces li'ails-là sur votre air? — Uni, Monsieur. — Eh ])ieii, dites-lui de ma part que c'est un imbécile. Vous allez chanter l'air comme il est ou nous ne vous accompagnerons pas. )>
Une grande idée dans un honuue est connue le pieu de fer que les sculpteurs mettent dans leurs statues; clic I empale et le soutient. Voyez Renan, Berthelot. Iiobiii. Wtepkc cl licrlifi/I — Il est soull'rant, nerveux, malade. H a toujours l'air d'être sur le pal. Songez à ses deux affreux mariages, à l'histoire de son fils. Ses
ANNEES l.S60-18tjr, 2r»!»
fii'vros iiilt'riciires amènent dliorriblcs coli(|iics. Aluis il f.iil dos calembours.
l'ourlant quelle fine et belle tète passionnée!
Dîner avec Sainte-Beuve, Gavarni, etc.
Visite cJiez les Concourt.
Les Goncourl {ô'i, 40 ans) sont frères jumeaux d'espi'it, de cœur, etc. Ils écrivent le même livre, vivent dans le même apparlemenl. Le deuxième est fort joli, tous deux sans brillant, un peu enijtàtés, leur style manque de limpidité et d'élan. Ils ont des mots amusants^ ils ont été frottés aux artistes.
Dix mille cin({ cents francs de rente. Ils vont l'été se refaire cliez leurs parents, économiser, canoter, manger, faire des armes. Leur vice est la manie des collections. Ils collectionnent dans le wii^' siècle, livres, estampes, dessins et gouaclies originales, manuscrits précieux. Tel livre des Contes de La Fontaine illustrés par Eisen vaut cinq cents francs. Ils estiment leur collection à cent mille francs.
« Je suis le premier après le Louvre. »
En effet, ils ont des clioses cliarmantes, des Ijeaiidoin, des Watteau, des Boucbei', des Moreau, etc., exquis.
liien n'enseigne mieux riii;>luire. Il semble ((u'un
I. Jules de Concourt, disait d^3 Montcgut : « C'est le Mui'i;cr des saluus. » Voilà un mot, le ly[ie de son esprit.
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vient d(> vivre dans le siècle. La finesse, la gaîlé, le goût du ])laisii', ces trois données engendrent le reste. Rien de délicieux comme ces toilelles, ces levers de jeunes femmes avec les grands lits à rideaux brodés, les jolis meubles dorés, tournés, etc. (^(^sl la cuisine exiiuise du plaisir. Voilà la vraie France. — Gavarni est un peu maniaque. Il s'est jeté dans les li.uiles iiiatbématiques, veut contredire Ne^vton. 11 a écrit ini mémoire : « De la vitesse dans la vitesse. » Son autre passion ce sont les mouvements de terrain; quand il travaille, c'est pour payer les jardinieis. — Il ne se soigne pas, un jour il s'est évanoui place du Havre; il était sept beurcs du soir, il n'avait pas mangé depuis le malin. Les Concourt le trouvent un soir sans feu, à jeun dans une petite cbambre. (11 en a ([uantité de telles). « Mais pourquoi restez-vous ainsi? n — « Bab, quand on a faim et froid, on est près de la congestion cérébi'ale et alors les idées arrivent! » Séparé de sa femme, il va être ricbe; la ville lui paie sa maison quatie cent mille fi'ancs....
Sainte-Beuve a toutes les qualités de Tesprit, même la modestie; il dit : « Je ne sais rien, je n'ai pas appris; je sais seulement où en sont les cboses parce (jue j'ai vu des bommes spéciaux, v
11 est passionné pour Voltaire; déclare qu il uy auia de civilisation en Li'ance que lorsque Voltaire auia une statue sur la place de la Concorde.
Il disait d'About : « C'est un maladroit ; il y a trois villes bisloriques, Atbènes, Rome, Paris, il se les est
A.NNliES iSOO-lSOr. 'li\
mises loiili's les trois à dos. — Kn loul il ost hop pressé. »
Il lions rcpiocho d'être dupes à l'eiidioit de Miiss(?t, l'udz.ie. ele. Musset, s(don lui. ;) commencé p;ir l'afléclalinii; il n'est devenu naturel (|ue lni>(|ue la loiee lui man(]uait et (|uaiid s((n (aient s'en allait. I)u reste, mauvais coucheur, désagiéable et brutal avec Hugo, avec des frasques, des foucades et. des élrangefés sardanapalesquos chez les filles. H me (ht : <( Y<ius croyez que les hnnuues sont tels (|u'ils le disent, vous concluez de l'écrit à l'hounne, |jrenez gaide. — Pour vous, déliezvous, vous y viendrez, vous l'êtes déjà de façon, cela viendra dans le style. »
Sainte-Beuve disait comme Stendhal : « i.a part de la forme dt;vient |)lus petite chaque jour. Tout le monde finira par savoir éci'ire, écrire uno hr(Mhure comme aiijouid'hui une lettre, alors on ne vaudra |dus t\ur par les faits et les idées qu'on apportera. >)
1! Mindrail snppiimer le grec; et le latin dans l'éducation ordinaire, réserver cela pour les spécialistes et une petite élite, avoir des écoles Turgot. La princesse Mathilde dit de lui qu'il tourne au socialisme. 11 est contre la propriété littéraire et aussi territoriale.
Il est timide par tempérament, mais s'enhardit par conviction et rétlexion. La jeunesse lui arrive à cinquante-cinq ans.
L'impression dominante quand on le voit, c'est qu'il est timide; il parle doucement, bas, avec insinuation et miances, avalant certaines syllabes trop franches. Il a