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les Musées do Paris cl de Londres : le ministre des HeanxxVrls était à cette époque dans un grand emhai'ras ; le surintendant, M. de Nieuwerkei'ke, avait fait modifier profondément, par le décret du 15 mars 1865, le règlement de l'École des Beaux-Arts. Les élèves se croyaient lésés par ces innovations et, à tort ou à raison, imputaient à rinlluence de Viollet-le-Duc ' les transformations qu'ils blâmaient. Celuici avait été nommé professfHU" d'esthétique et d'histoire de l'art. (Juand il voulut monter dans la chaire de l'hémicycle, de violentes protestations éclatèrent parmi les jeunes auditeurs, et le maître, lapidé de pommes cuites, la voix couverte par les huées, dut renoncer à prendre la parole après deux ou trois séances aussi tumultueuses que la première. Le décret ne fut pas rapporté, mais on résolut en haut lieu de donner à Viollet-le-Duc un successeur qui fût pasona grain auprès de la jeunesse des Écoles. M. Duruy, alors ministre de l'Instruction publique, persuada au maréchal Vaillant, son collègue des Beaux-Arts, que M. Taine était, parmi les candidats possibles, un des plus capables de rallier les suffrages des mécontents : la nomination fut signée le '28 octobre 1804. Les sages prévisions de M. Duruy ne tardèrent pas à se réaliser: lorsque M. Taine, un peu anxieux d'aborder pour la première fois un nombreux auditoire dans des conditions en a{)parence peu favorables, parut en janvier 180.") dan? la chaire de l'hémicycle, il fut accueilli par un tonnerre d'applaudissements; la leçon d'ouverture sur l'Œuvre d'Arl-, ne fut qu'une longue ovation qui ne resta i)as con-
1. Viollet-le-Duc (Eugfène-Emmanuel) , architecte, 1814-1879, nulciu" du Uiclionnnire rnisonnc de larrhilertiire, reslaurateur (le Notre-Dame, des murailles de Carcassoniie, etc. On le coiisidérail alors comme un chef d'École et l'adversaire des classiques, représentés surtout par les membres de l'Acadénne des Beaux- Arts; le décret du 1~» mars diminuait les privdèg-es de l'Institut el Sun influence sur l'enseignement de l'École.
t*. Celte leçon parut les 4 et 11 février dans la lleviie des (knirs
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finée dans reiiceiiid'] do l'iù-olo; à la sortie, malgré une Itluic ballanle, les aiidilouis suivirent en courant le liatre qui emportait M. Taiuc, p(.ussaul des cris cl des vivais, jusqu'à la paisible rue IJrclonvillicrs, peu coulumièrc de si nombreuses et do si l)ruyaules visites. L'entente cordiale ainsi étal)lie entre l(! professeur et les élèves ne s'alïaihiit pas pondant les vingt aniH'os de son enseignement et il lut toujours écouté avec un respect religieux'. Il débuta dans la série de ses leçons jiar la Pcinlinc en îhilic, à l;i(piolle il consacra trois années ; il compléta sou enseignement |i;ir une année de cours sur l'Art dans les l'aiis-Iias et une année sur l'Aii en iirèrc. Il recommença (puitre fois ce cycle de cinq années, remaniant souvent de fond en comble les plans des leçons-, s'appnyaiit de documents nouveaux puisés dans des lectures récenles, toujours à la recherche du mieux, avec la conscience qu'il ajjporlail dans son enseignement connue dans ses éciils.
La préparation du coin-set la rédaction du Voijaye en Halte absoihorent la plus grande partie de son temps jusqu'à la tournée d'examoii de l<S(;ô; il écrivit copendaut (piehiuos
Uléiaires (anjomd'hui llenic OL tic) que veiiail de fonder un des camarades d'Écolo de M. Taine, M. lùigèno Vuiig, — Elle a éié refondue dans la l'litlosoj>hle de t'Arl.
1. Un arlicle de Marcelin, paru dans la VU' parinicime du 18 îivrier 1855, nous décrit ainsi une de ces leçons : « l,cs a>sislanls. étag.'s en un vaste demi-ccicle, font face au professeur (jui, dev;.nl sa latjle, dans l'enfoncement formé par deux colonnes de porphyre, rappelle assez volontiers un minisire proleslant dans sa chaire, portant barbe cl luneiles, et parlant simplement à des tiommcs comme lui. I,'assi<fance e>t recueillie plus qu'on ne l'allendrait de ces jeunes lètes barbues, chevelues, aux yeux vifs, aux bouches moqueuses. Le professeur semble aussi jeune que ses élèves. L'éloignemenl efface les traces que la fatigue ou la maladie ont pu laisser sur son visage, bu leste, vùtu de noir, habit boutonné: sur la table, son chapeau, ses gants, quelques feuillets de notes an crayon : c'e-t toute la mise en scène.