CHAPITRE
d'imité au tahleau. pour en rendre Tétude plus facile. Saint-Pierre, le Vatican et toutes les appartenances forment un tout complet. Au retour du mont Palatin, séjour des Césars, s'étendent ces cirques, ces hippodromes, ces thermes qui accompaiïnaient leurs palais, et toute la répidalique vit encore dans ce Forum, dans ce Colysée qui y touche. Non-seulement les objets sont grands et intéressants par eux-mêmes, mais leur ordonnance est poétique et belle. Toutes les époques de Ihistoire sont là en présence, séparées et distinctes : il semblerait que chacime d'elles a voulu imprimer son caractère aux monuments qui en restent, avoir un horizon tpii lui soit propre, et pour ainsi dire une atmosphère particulière. On sent ici un besoin de vivre dans le passé qui combat étrangement ce penchant naturel à l'homme de s'élancer dans l'avenir ; il est aux prises avec ses deux éternités, et le présent, auquel pomiant il n'échappe pas, plus que jamais lui paraît fugitif et misérable. Je vous demande pardon de ce petit bout de sermon ou d'épopée : il faut se taire sur Rome ou rendre les mouvements qu'elle renouvelle sans cesse. »
(' Rome, 9 janvier 1824.
» Je suis toujours plus contente de Rome,
du genre de vie que j'y mène et qui est un peu celui d'un écolier qui vient vi^Te sur les lieux a"S'ec les gens qu il a rencontrés dans ses livres. Tous mes goûts, qui ont sommeillé longtemps sans s'éteindre, ont repris une activité nouvelle; j'ai trouvé ici en tous genres de grandes ressources, et je recueille en calme et en bien-être l'effet naturel d'un véritable accord entre nos sentiments et nos I. 17
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pensées avec les ol)iets extérieurs. Cette dernière épreuve est décisive pour moi ; je vois clairement aujourd'hui ce que la défiance de moi-môme ne me laissait qu'entrevoir, c'est que la vie la plus retirée et la plus sérieuse est la seule qui me convienne parfaitement. Cette découverte me suivra à Paris, le lieu du monde qui m'attire davantage et dont le souvenir gâte toutes mes jouissances. En vérité, on ne saurait lui offrir un plus magnifique holocauste que toutes les séductions sacrées et profanes de la Ville éternelle. Quand il n'y aurait que le charme du climat, le sacrifice serait déjà de quelque valeur. Jusqu'ici nous n'avons pas eu de gelée, à peine quelques jours où nous n'ayons pas joui d'un soleil qui brille dans toute sa gloire. L'hiver ici n'empêche pas plus le beau temps que les peines dans la jeunesse ne sont un obstacle au bonheur. Je fais sans cesse des promenades délicieuses dans ces belles villas qui sont aux portes de Rome, et qui ne ressemblent pas plus aux maisons de campagne de France ou d'Allemagne que Rome même ne ressemble aux autres capitales. Tous les jardins ici sont calculés sur la saison où partout ailleurs on renonce aux beautés de la nature ; tout y est planté d'arbres verts ; les chênes, les cyprès, le pin d'Italie, le plus pittoresque des arbres, y abondent. Tous les murs sont tapissés d'orangers, de citronniers qui, sans rien perdre de leur riche feuillage, sont couverts de leurs fruits et on y foule un gazon digne du printemps. Des eaux toujours jaillissantes, cette profusion de marbres, ces belles lignes d'architecture, cet horizon de montagnes que l'on croirait transparentes, sont comme des beautés qu'il faut venir chercher à Rome, et dont rien ne saurait donner l'idée. Si l'on pouvait se