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de quelle façon le chemin du trône avait été plus d'une fois frayé. En une seule occasion, elle l'associa à sa politique : ce fut en l'éloignant de Russie pour l'envoyer en Autriche, en Italie, en France, nouer ou resserrer des alliances. Lorsqu'en 1788 la guerre fut déclarée aux Turcs, Paul insista pour y prendi'e part : « Toute l'Europe, ditil à sa mère, connaît mon désir de comhattre les Ottomans. Que pensera-t-elle en apprenant que je ne puis le faire? — Elle pensera, répondit froidement l'Impératrice, que le grand-duc est un fils respectueux. »
Paul vivait hahituellement éloigné de Pétersbourg , à Gatschina, maison de plaisance qu'il avait peu à peu érigée en une sorte de place forte, flanquée de tourelles, entourée de fossés et de ponts-levis. Son visage dur était devenu presque difforme, le cartilage du nez s' étant, à la suite d'une opération chirm'gicale, affaissé dans les joues. Après un premier mariage qm dura à peine une année, il avait épousé en secondes noces la princesse Marie de Wurtemberg.
Le changement de règne eut son contre-coup immédiat dans l'existence de Sophie Soymonof qui, entrant dans sa seizième année, fut nommée demoiselle d'honneur de la nouvelle souveraine.
L'impératrice Marie, sous les auspices de laquelle allait grandir désormais la jeune Sophie, fit briller à tous les regards l'exemple d'aimables et solides vertus. Douée d'une rare beauté, entourée de séductions, elle ne suscita pas même une calomnie. Mère de six enfants, leur éducation remplissait sa vie.
L'avènement de Paul et de Marie démentit d'abord les augm'es fâcheux que plusieurs esprits clairvoyants