CHAPITRE
cuper que d'une seule chose, pour faire moins mal toutes les autres.
» Cette lutte de la Grèce, si admirable, si héroïque, qui fonde en vous de si justes , de si saintes espérances , c'est aussi lobjet de mes vœux ardents. On est si distrait dans ce monde, tellement absorbé par l'intérêt personnel, que les intérêts généraux qui émeuvent davantage les esprits, n'y trouvent plus l'aliment convenable; cela seul peut expliquer comment tout ce «jui juge d'après soi, n'est point entraîné à une constante attention donnée aux efforts les plus purs, les plus louables dans leur principe, qui aient jamais été faits dans l'intérêt d'une cause sacrée. Les libéraux d'Europe, la plupart du temps me repoussent et m'indignent ; les libéraux de la religion et de l'indépendance nationale me paraissent, en Grèce, dignes de toute admiration. De tristes et dangereuses divisions , peut-être des ambitions individuelles, déparent -elles quelquefois un si noble essor ; mais où chercherait-on dans un monde d'imperfections, de vives clartés sans ombre et sans nuage ? Jai toujours pensé qu'aucune cause ici-bas ne pouvait se soutenir à la longue , si l'on avait le malheur de toujours voir des hommes là où l'on ne doit chercher que des principes. Le dévouement de lord Byron et sa tin prématurée vous ont sans doute touchée : il était simple qu'un grand poète mourût là où la poésie est toute vivante ; mais comme me le disait quelqu'un [W il semble ipie la Providence n'ait pas trouvé son caractère digne de donner de si beaux exemples.
(1 ) M'"'^ de Saint-Aulaire, voir la lettre précédente.
278 MADAME SWKTCHINK.
» Adieu , dites-vous ijue ma teudresse pour vous est invariable. »
M™e Swetchine s'était flattée de revoir durant cet hiver la comtesse de Nesselrode ; celle-ci fut fidèle au rendezvous de son amie , et toutes les deux passèrent à Naples quelques semaines dont peu de souvenirs nous ont été conservés.