‹ Sa vie et ses œuvres; (volume 2)Chapitre 116 sur 207 · I. iy · texte numérisé non relu

I. iy

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Bibieua, du eanliiial Jiiyluu'aiiii, tous sortis du [àuceau de Raphaël, se trouvent au palais Pitti. L'imitation ne s'est jamais élevée plus haut; ces figures se détachent et semblent prendre place dans la vie réelle.

» Mais ce qui est bien autre chose que la nature, c'est un petit tableau qui se trouve près' de là, l'étonnante vision d'Ezéchiel, un des plus admirables poèmes que le génie de la peinture ait jamais conçus. C'est là vraiment une vision ! Des torrents de lumière jettent le contemplateur dans l'éblouissement, il se sent saisi par le bras de feu qui soulevait le prophète ; et ce n'est pas seulement la couleur qui étonne : le dessin de ce petit tableau est d'une énergie, d'une hardiesse, d'une richesse incomparables. C'est bien Jéhovah, c'est bien le vrai Dieu de r Ancien-Testament qui s'est révélé à Raphaël, plus poète encore ici que peintre ; c'est toute la vsublimité de l'ode, une strophe répétée des divins concerts ; ailleurs Raphaël a pu faire aussi bien, jamais il ne s'est élevé plus haut. »

« ANDRÉ DEL SARTo. — Le chcf-d'œuvrcd' André delSarto c'est le tableau nommé la Dispute des quatre docteurs. La beauté de chacune des figures, la pureté du dessin, l'effet d'une couleur vivante portent l'admiration jusqu'au ravissement. Ici, André de] Sarto est bien supérieur à luimême ; sa manière s'élève tant qu'elle se perd dans les hauteurs où l'individualité s'efface. Partout ne faut-il pas cesser quelquefois d'être soi pour devenir plus grand que soi-même? Les profondeurs de l'art ne sont-elles pas explorées aux mêmes conditions que les profondeurs de la morale? Un même dévouement, l'éloignement de toute vanité, de toute préoccupation frivole, le recueillement en lui-même ne sont-ils pas demandés à l'artiste? Ne

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