‹ Sa vie et ses œuvres; (volume 2)Chapitre 118 sur 207 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

comme dit S. François de Sales. c{ui ont cru à l'ombre de la croix.

» Et l'avenir ! il ne saurait troubler leur joie et leur inaltérable paix, car elles n'ont point de passé et par conséquent point de souvenirs ou d'objet de comparaison. La lumière du monde ne pénètre cbez elles que comme le faible crépuscule, et tout ce qui s'écarte de leurs idées leur paraît à la fois malheur et danger. Que les gradations sont pour une religion d'admission dilEcile ! La vérité incomplète est mensonge pour elles comme l'erreur grossière, et hors l'alternative d'être dans le monde ou de n'y être pas, elles n'apprécient presque rien. Sans doute, ce positif, ces couleurs tranchées ne tournent pas au profit de l'étendue, de la flexibilité de l'intelligence; mais d'une autre part , n'est-ce pas ce qui garde la vérité dans toute son intégrité, et n'y a-t-il pas toujours un peu de danger à si bien comprendre ce qu'on doit combattre ? L'Italienne, élevée et mûrie h l'ombre des cloîtres, peut bien avoir une moindre part dans la noble liberté humaine, mais cette part lui est rendue en sécurité ; sa place est entre la vertu militante et le bonhem* que les anges ne peuvent plus perdre.

» Une des preuves de la vérité du catholicisme, c'est de répondre si bien à la nature exclusive de notre cœur. Les autres communions croient simplifier la religion, la rendre plus accessible, plus acceptable, en étendant à tous les promesses faites par son divin Auteur, et c'est bien étrangement méconnaître nos véritables besoins. Plus une règle est positive, exclusive, austère, exigeante, et plus elle a pour nous d'attrait, par cet instinct vague qui nous fait sentir combien notre mobilité a besoin d'être

fixée, notre mollesse d'être guérie , notre pensée ramenée et assujettie. On ne s'attachera jamais passionnément à une religion qui trouvera que les autres la valent, et le Dieu jaloux le savait bien. Du moment où une chose n'est pas, je ne dis pas seulement la meilleure, mais la seule complètement bonne, pourquoi choisir, préférer, concentrer et ne pas laisser fractionner son hommage et son amour? L'esprit de corps, pour réaliser de grandes choses, s'est toujours emparé de cette force de concentration; il a mis toujours son énergie à se resserrer au dedans, pour ajouter au dehors à l'intensité de son action. Le langage même s'en est ressenti. Ainsi, dans la religion dont l'universalité embrasse tout, il y a néanmoins, selon l'expression des religieux des différents ordres monastiques, la religion de saint Dominique, la religion de saint François, la religion de sainte Thérèse, et tout court, la religion qui, dans la bouche du religieux, souvent ne veut plus dire que la règle de son ordre, à ses yeux le type, l'abrégé de la vérité et de la perfection ici-bas. »

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