CHAPITRE XIII. 3il
de Tapologue ressortirait dune manière beaucoup plus frappante : il resterait démontré que c'est par les bases que pèche rédilîce, et que rien ne saurait y suppléer, s
La situation politique de la France était donc radicalement changée; la situation religieuse ne l'était pas moins. Les rapports de l'Eglise avec le pouvoir nouveau ne pouvaient plus rester ce qu'ils avaient été avec le pouvoir ancien.
Ce qui ressortait naturellement, invinciblement de ces brusques révolutions, c'était la nécessité pour le clergé de prendre son point d'appui sm* un terrain plus soUde que la faveur ou la disgrâce momentanée des puissances politicpies. L'expérience semblait décisive. Le siècle ne comptait que trente ans^ et deux fois déjà l'Eglise avait vu compromettre tout ce qu'il appartient au monde de lui prêter ou de lui ravir. Lorsque le premier Consul avait paru en pacificateur et en restaurateur de la société. l'un de ses premiers soins avait été d'y rappeler Dieu et de lui rendre ses temples. Mais bientôt, comme tous les hommes cpii, au fond de leur cœur, visent moins a servir la religion qu'à se servir d'elle, le consul devenu empereiu' mit l'exigence à la place du respect, et les pompes du sacre furent suivies prescpe sans transition de la captivité de Fontainebleau. Cette violence déclarée ouvrit les veux au clergé de cette épotpe, entraîné par quelques meneurs, moitié aveugles, moitié complices, et quand la Restauration succédant à l'Empire restitua au Souverain Pontife la plénitude de son autorité, cette ère de réparation fut saluée d'un enthousiasme chaleureux et spontané.
Mais lorsque les dissidences politiques se ranimèrent, lorsque les partis songèrent à faire arme de tout, l'Eglise
;m-2 madame swktchine.
se vit (Ml butte aux mêmes attaques que le pouvoir royal. Ouand entiu la llestauration succomba, le clergé fut cousidéré comuie uu vaiucu (;t traité comiue tel. Dès lors, uue même inquiétude rapprocha quelques membres émiueuts du clergé et quelques laïques profondément dévoués à l' Eglise. Ils se demandèrent en commun si l'heure n'était pas venue dadopter pour des temps nouveaux une attitude nouvelle. Promptement d'accord sur ce point de départ, ils voulurent adresser un appel à l'opinion, et un journal fut fondé, qui prit pour titre V Avenir.
Ij Avenir avait pour tâche hautement avouée de réclamer la pleine et entière liberté d'action de l'Eglise, revendiquée non plus comme faveur ou privilège, mais en vertu du droit commun et des tendances de l'esprit moderne. A l'appui de cette revendication énergique, V Avenir professait avec non moins de franchise l'adhésion aux principes généraux en vigueur dans la société française, tels ([u'ils avaient été sanctionnés par le concordat de 1801 et le régime représentatif inauguré avec le retour de la maison de Bourbon. « La force qui renverse, disait l'organe des catholiques, n'est qu'une calamité de plus quand elle n'a pas derrière elle une pensée qui puisse édifier (1). » — « Yotre plus belle gloire, écrivait- on alors au fondateur de V Avenir, sera d'avoir parlé de liberté au monde avec un cœur pur et une bouche pleine des louanges de Dieu; ce sera d'avoir purifié sa cause et de l'avoir montrée à la postérité revêtue d'une sorte de virginité chrétienne et parée de tout l'éclat du sacerdoce. Vous lui avez fait retrouver les titres de sa divine orisine. Vous
(1) Réponse à M. de Polter, septembre 1832.