‹ Sa vie et ses œuvres; (volume 2)Chapitre 144 sur 207 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

indépendance, de reconquérir ou d'étendre son empire désintéresse sur les nations, qui n'ont jamais tant besoin de lui que lorsqu'elles ambitionnent de s'en passer. Près de M°ie Swetchine la jeunesse pouvait interroger l'expérience sans craindre la timidité ou la faiblesse. Bientôt sa sollicitude et son anxiété furent grandes. Tout tendait alors vers un libéralisme présomptueux et déréglé. M. de Lamennais qui aurait dû être le modérateur de ses amis, donnait fréquemment, au contraire, l'exemple de l'exagération du langage, et livrait prise sur son œu\Te par des malentendus ou des inquiétudes quil ne se préoccupait pas de dissiper.

U Avenir avait été fondé le 15 octobre 1830. Les ombrages conçus à Paris se reproduisirent promptement à Rome, quoique avec un caractère plus doux et plus tempéré. M. l'abbé Lacordaire et M. l'abbé Gerbet, délégués par leurs collaborateurs, eurent une entrevue avec le nonce du Pape, M?'' Lambruschini, et lui présentèrent un exposé de leurs doctrines. Cette entrevue n'amena point de solution. Alors MM. de Lamennais, Lacordaire et de Montalembert résolurent de suspendre la publication de l'Avenir et de se rendre près du souverain pontife Grégoire XYI, pour obtenir de lui une décision. Es arrivèrent à Rome le 3 1 décembre 1831.

La correspondance de M^e Swetchine avec M. de Montalembert, commencée à l'époque de la publication de VAve)iir, se poursuit durant ce mémorable voyage. Cette correspondance sera certainement considérée comme l'un des modèles les plus touchants de l'amitié chrétienne. Elle revêt dès le premier échange de conhance et dintimité le caractère le plus grave, et l'on ne sait qui ad -

'AW MADAMR SWETCHINE.

mirer davantage de celle ijui ne cesse jamais d'avoir raison avec tant de pénétration et d'antorité, ou de celai (|ui provoque les conseils avec tant d'abandon et, à ce mérite déjà si rare, ajoute le mérite, plus rare encore, d'en permettre la publicité.

La première des lettres données ici , est datée du mois de septembre 1831. A cette date, V Avenir n'éveillait pas seulement des susceptibilités religieuses , il suscitait au même degré la résistance du pouvoir civil. Il avait été traduit devant le jury pour avoir demandé que la nomination des évèques fut enlevée au roi ; peu après , M. de Montalembert avait été traduit devant la chambre des Pairs pour avoir tenté, d'accord avec M. l'abbé Lacordaire, de protester., par l'ouverture d'une école libre, contre les décrets impériaux qui, en contradiction avec la Charte de 1830 , maintenaient le monopole universitaire.

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