‹ Sa vie et ses œuvres; (volume 2)Chapitre 167 sur 207 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

elle s'est mise avec moi dans un emportement tel que vraiment elle aurait mérité que je la renvoyasse. Soyez assez bonne pour lui dire mon mécontentement très prononcé ; jamais elle ne me Fa fait éprouver à ce degré, et il est juste qu'elle ne l'ignore pas. »

« Mardi.

» C'est Parisse qui vous portera ces lignes ; si j'osais, je vous demanderais de lui faire entendre raison sur son émoi du jour. Sa cheminée fume, à ce qu'elle me dit, et cela la met aux champs. Mais vi'aiment je n'y puis rien. Cette cheminée est excellente, en bon état ; elle est faite à la manière suédoise, la seule que la pièce comporte. C'est mon mari qui, dans le temps, l'avait commandée pour lui-même, et, si elle fume quelquefois, ce qui arrive à toutes les cheminées de ce monde, cela ne peut tenir qu'à une certaine direction du vent, ou au long intervalle resté sani l'allumer. Du reste , je vais la faire ramoner et examiner encore. C'est un soin que je trouve très raisonnable de prendre; ce qui ne le serait pas, ce serait de changer une cheminée qui a toutes les conditions pour bien aller. Mille pardons, ma bien chère, de joindre mes ennuis à vos souffrances ; si c'était des paroles et non des signes que j'eusse à vous demander, je ferais passer avant tout mon besoin de repos pour votre chère pauvre poitrine. »

« Jeudi /six heures.

» Hélas ! ma bien chère , cette pauvre Parisse fait comme tout le monde , elle gâte son bonheur ! Elle laisse

ses défauts entreprendre sur mille bonnes qualités

Pardonnez-moi tous ces ennuis.... Si ce n'était moi, un autre vous les donnerait, car la vie s'y passe. »

« P^ncore une bourrasque ! Il n'>- a plus ni intervalle ni exception à ses colères. Elle vient de m' arriver avec des morceaux de pain dans sa main ; je n'ai pu y rien comprendre , sinon qu'elle ne peut vivre avec personne. M"* Gladie est l'objet de ses fureurs au moins autant que M. Henri ; les deux sexes y })assent. Il n'y a plus qu'à tenter l'épreuve qu'elle fera de sa liberté. Soyez assez bonne pour lui dire que je lui fais une pension de cinq cents francs, ce qu'elle aura après moi, et que, puisqu'elle se trouve si malheureuse, elle n'a plus qu'à abréger son martyre. Si vous connaissiez une sourde-muette avec qui elle put se mettre , ou une maison qui voulût la recevoir, combien vous seriez bonne d'en parler ! Ce ne sera peutêtre qu'un essai, même en trouvant bien ; mais peut-être aussi la leçon de l'expérience profîtera-t-elle. »

« Très-chère, voici le petit mot que. dans ma retraite, j'ai reçu hier de Cloppet :

» Madame, je ne vous envoie pas Parisse aujourd'hui, ]\jlie Ferment la demande pour demain. Elle ne mange presque pas, elle est très-triste, je lui ai beaucoup parlé. Elle paraît comprendre sa position ; elle est bien disposée à vous faire sa soumission et à se réconcilier avec tout le monde ; elle est aussi disposée à tendre la main à qui voudra bien. Je crois que si l'on persiste, elle tombera malade.

» Votre dévoué serviteur, Cloppet. »

» Je me laisse toucher, comme vous pensez bien, d'autant mieux que j'étais punie comme elle. »

Cette épreuve fui définitive, et la bonne Parisse finit

Page 1