‹ Sa vie et ses œuvres; (volume 2)Chapitre 174 sur 207 · A LA COMTESSE DE NESSELRODE · texte numérisé non relu

A LA COMTESSE DE NESSELRODE

(( Paris, le 18 mars 1848.

» On a dit avec assez de justesse que la république était entrée par une porte qu'on avait oublié de fermer ; mais c'est que personne n'avait eu l'idée de son intrusion. Rien ne saurait être plus oiseux que la distinction des républicains de la veille et des républicains du lendemain, parce qu'au fond, la veille il y avait des radicaux, des communistes, une foule de gens de désordre, mais pas de républicains comme forme et système de gouvernement. Ils reconnaissent bien que la république, comme constitution et système politique, n'existait pas dans les intelligences. Elle n'est donc pas mûre, et nous nous en apercevons, car les mesures prises pour mûrir hâtivement ce beau fruit sont passablement acerbes. Les premiers jours, on sortait d'un tel effroi, d'un tel abasourdissement, que, par comparaison^ on croyait pouvoir respirer ; mais l'air libre dans nos poumons n'y a pas circulé longtemps, et nous sommes vite entrés dans la voie de l'intimidation. »

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