‹ Sa vie et ses œuvres; (volume 2)Chapitre 182 sur 207 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

alors : — En vérité, M. l'Ambassadeur, en vous éclairant ainsi subitement, et quand vous ne pensiez plus à le chercher, Dieu vous a fait une grande grâce. Il faut qu'il y ait dans votre vie quelque circonstance bien particulière qui vous ait mérité de sa part une telle faveur ? — Je ne m'en rappelle aucune, reprit Donoso Cortès ; toute ma vie avait été fort ordinaire. Peut-être, cependant, un sentiment a pu être agréable à Dieu : je n'ai jamais regardé le pauvre qui était assis à ma porte sans penser que je voyais en lui un frère,

La mort de Donoso Cortès causa une sensation douloureuse dans tout Paris, et les détails édifiants de son lit de douleur ne s'effaceront pas des mémoires chrétiennes. La sœur Rosalie et M"^ Swetchine l'entourèrent de leurs soins, et M™'' Swetchine, faisant allusion à cette irréparable perte, écrivait, en s' excusant près d'une amie du retard d'une lettre : « Pardonnez-le moi ; mes yeux sont hors de service; à mon âge, les larmes suffisent pour cela. »

Pendant ce temps, les événements politiques avaient marché en France vers une crise nouvelle; d'une part des tentatives étaient faites pour réunir en un seul faisceau toutes les forces monarchiques sous les auspices de la maison de Bourbon réconciliée ; d'autre part, on s'apprêtait à échapper au péril du renouvellement des pouvoirs républicains par une dictature napoléonienne, précurseur d'un second empire. Cette situation se dessina dans tout son jour durant les débats solennels que soideva une proposition de révision légale de la Constitution républicaine. Ces derniers accents de la tribune émurent vivement l'âme de M""" Swetchine.

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