A MADAME LA DUCHESSE DE LA ROCHEFOUCAULD
« 1851, Paris.
» Quant à Berryer, il me semble impossible
de ne pas dire qu'il s'est surpassé. Sa parole, ce sont toutes les splendeurs à la fois, le résumé de tous les éléments qui constituent l'orateur. C'est cette puissance de talent à laquelle dans l'antiquité tout obéissait. La parole de M. Berryer aurait créé un peuple comme Amphion bâtissait des villes. »
En même temps que le silence allait se faire dans les régions politiques, le deuil envahissait de toutes parts le cœur de M'"" Swetcliine. Elle avait perdu récemment la comtesse Edling. La comtesse de Nesselrode lui fut soudainement enlevée dans l'été de 1849. Au sein même de la plus accablante douleur, la comtesse Chreptowitcli avait aussitôt pensé à sa seconde mère ; par sa tendre prévoyance, un ami fut averti et se rendit à Vichy, où M"^ Swetchiue prenait alors les eaux. M"^ Swetchine avait reçu la veille même une lettre de son amie, dont la santé n'était pas altérée; aussi repoussa-t-elle d'abord toutes les inquiétudes qu'on essaya de faire naitre, et tomba anéantie par la vérité dès qu'on la lui eut fait entrevoir ; elle laissait échapper seulement ces mots à voix basse, et entrecoupés par des sanglots : Enlevée subitement comme mon père!... comme mon père! Ce
spectacle de la douleur la plus navrante devait encore se renouveler à peu d'intervalle. Une mort également subite frappa le général Swetchine sous les yeux mêmes de sa femme, le 23 novembre 1850.