‹ Sa vie et ses œuvres; (volume 2)Chapitre 71 sur 207 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

lités dans Fleuiy. Platon, célèbre métropolite de Moscou, en faisait grand cas ; les protestants en parlaient avec estime, et il n'était pas absolument repoussé par les catholiques.

Le tissu de ce travail est trop serré pour qu'on en puisse rien détacher, mais peut-être le volume, dans son ensemble, pourra-t-il être utilement publié un jour et dédié à la nation russe tout entière. Les épigraphes et quelques notes marginales seront seules placées ici parce qu elles permettent de saisir par aperçus les préférences, les penchants de son intelligence, les traits où s'est complue sa méditation.

Le premier cahier porte pour épigraphe :

Douter, c'est toujours ignorer.

L'épigraphe du second cahier est en langue anglaise :

To take up half on trust half on try, Name it not faith, but bungling bigotry (1).

Plusieurs passages sont accompagnés de notes marginales ou d'accolades au crayon; quelques-unes de ces notes discutent le texte, d'autres le complètent. Dans le second cahier, Mn^e Swetchine marque d'une accolade au crayon la définition suivante de la foi :

La foi est une connaissance sommaire des vérités les plus nécessaires; la science est une démonstration ferme de ce qu'on a appris par la foi : la philosophie prépare à la foi , sur laquelle est fondée la science. Saint Clément dit que c'est une feiblesse de craindre la phi-

(I) Accepter moitié de confiance, moitié à l'essai, ce n'est pas de la foi, mais une misérable mesquinerie d'esprit.

losophie (les païens. La foi qui peut être ruinée par leurs arguments est bien fragile : la vérité est inébranlable, la fausse opinion s'efface.

Epigraphe du troisième cahier :

La première vérité qu'il faut croire , est qu'on ne doit rien croire légèrement. (Tertullien.)

Dans ce troisième cahier, un signe particulier s'applique aux lignes suivantes ; on entrevoit aisément quelle était pour M"" Swetchine leur poignante application :

Tertullien dit du mariage chrétien :

La bénédiction de l'Eglise en est le sceau, les anges le rapportent au Père céleste qui le ratifie. Deux fidèles portent ensemble le même joug, ils ne sont qu'une chair et qu'un esprit, ils prient ensemble, ils se prosternent ensemble, ils jeûnent ensemble, ils s'instruisent et s'exhortent l'un l'autre , ils sont ensemble à l'église et à la table de Dieu. Dans la persécution et dans le soulagement, ils ne se cachent rien et ne s'incommodent point l'un l'autre. On visite librement les malades, on fait l'aumône sans contrainte, on assiste aussi aux sacrifices sans inquiétude. Ils chantent ensemble les psaumes et les hymnes; ils s'excitent à louer Dieu.

Accolade au crayon :

La crainte de renoncer aux plaisirs détournait plus de gens du christianisme que la crainte de la mort.

Accolade au crayon :

Le Seigneur dit dans l'Evangile : Je suis la vérité , et non pas : Je. suis la coutume.

Note marginale :

Que de fois on a vu la destruction de la religion prèle à être con-

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