CHAPITRE X
d'Aqiiin ou une ace à l'archevêché avec 10,000 fr. d'appointements et un titre honorable. Je n'ai fait aucun choix; il paraît que l'une ou l'autre place me sera donnée, ce que je laisse à la volonté de mes supérieurs, tout en les conjurant de me laisser à mon i-epos. Voilà ce que je n'ai pas dû laisser ignorer à ma fille, à ma respectable et digne amie, la conjurant de ne jamais penser à moi sans prier pour mon salut éternel.
Adieu, ma promesse est stable et je ne monterai pas un seul jour à l'autel redoutable sans vous présenter à l'agneau qui s'immolera par mes mains. Veuillez bien remettre à MUe Nadine mon magnifique présent, l'assurant que je ne la veux point séparer de vous. Agréez, vous, que je ne vous sépare jamais de moi.
Ce 16 août 1817.
Des-jardins.
p. s. — Je joins les bénédictions de mes pauvres à ma reconnaissance de vos tendres soins pour eux. N'oubliez point à Saint-Pétersbourg la rue des Brodeurs, où vousn'avezpasséquepour faire du bien.
M les amis, ni les supérieurs de iabbé Desjardins ne piu-ent vaincre sa modestie, et il persista à refuser la dignité épiscopale, comme il le raconte ici en termes si simples. On ne voulut pas cependant que ses lumières demeiu-assent entièrement cachées, et lorsque M"" Swetchine rentra en France, elle le retrouva grand-vicaire de rarchevèché de Paris, près de M. de Quélen, qui professait et garda toujours pour lui la plus tendre vénération. M. de Quélen venait d'être nommé lui-même coadjuteur du cardinal de Périgord, qui s'éteignit, dans un âge fort avancé, au mois de mars 1821.
La plupart des billets suivants de Tabbé Desjardins ne portent point de date; ou n"a donc point cherché à les classer méthodiquement. C'est la grâce et l'accent (jui lem' donnent tout leur prix.
J'offre à Dieu le premier instant de celte année, et à vous l'instant qui le suit, admirable et indulgente amie et fille. C'est en terminant mon oraison, et sur mon prie-Dieu, que je vous offre mes vœux à deux genoux; ou plutôt, c'est à notre maître commun que j'adresse mes supplications pour qu'il ouvre bien grandement les mains et le trésor de ses miséricordes sur vous.
J'apprends du petit L... des choses qui doivent faire beaucoup de peine à toute votre maison, et qui placent le prince et la princesse dans la nécessité de porter leurs vues ailleurs pour l'éducation de leurs chers enfants. Je mande L... et lui réserve une semonce de père et de vieillard. C'est un petit homme qu'a renversé la première surprise. 11 n'a pas sucé la moelle des ours.
Ph. D.
Vous voilà donc, très-bonne et digne amie. Ah! que j'aurai de joie de vous voir et de réparer par un peu de causerie le vide d'une longue absence! J'irai vous voir; mais en tout cas vous êtes assurée de me trouver à l'archevêché demain et mercredi jusqu'à midi; jeudi aux Missions, depuis le petit matin jusqu'à une heure et demie.
Je suis harcelé et vous quitte brusquement pour des ennuyeux qui ne croient pas l'être.
Recevez mon respect.
Quel événement que celui d'hier, à Sainte-Geneviève (1)! Une princesse, qui n'avait jamais paru en plus brillante santé, se trouve mal, est soudain emportée morte! Je suis encore si ému du coup, que je ne me sens la force de rien, sinon de crier merci. Que celui donc qui est debout sache qu'il peut tomber, et tomber raide mort, sans autre préparation qu'une santé florissante.
Je vous attends demain, s'il est permis maintenant d'ajourner quelque chose au lendemain. Pli. D.
J'ai bien reçu la lettre de ma digne et chère fille et amie, mais je n'ai pas vu le jeune Gravel, et il faudrait que je le visse pour ensuite en parler avec vous, ô la meilleure des créatures sensibles et généreuses !
(1^ La mort de la duchesse de Bourbon.