‹ Sa vie et ses œuvres;Chapitre 13 sur 46 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

Le miracle est médical et jamais chirurgical, invisible dans son action et simplement connu par le résultat. \'ous voyez, vous saisissez, mais

VOUS ne trouvez pas cette évidence grossière qui rend le moindre doute impossible. Tout dans la Religion est sur le même plan : la lumière est toujours mêlée d'obscurités et pourquoi? Pour que la Foi soit une vertu.

Si l'on y regarde bien, sur cette terre où Dieu semble si parfaitement oublié, c'est encore |)0ur lui. après tout, (ju'il y a le plus de fidélité et le plus d'amour.

Ouelle bonté à Dieu d'avoir dit expressément dans son Evangile : Celui qui ne m'aime pas plus que son père, sa mère, ses frères, son pays.... n'est pas digne de moi ! Si ces paroles n'avaient pas été proférées à l'éternelle justification de ceux qui surmontent les sentiments de la nature, à quel supplice n'auraient pas été voués les cœurs blessés de l'amour de Dieu! Car enfin, leur élan n'en fût pas moins resté le même, le sentiment du vide de tout ce qui n'est pas Dieu, l'ardeur impétueuse et

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exclusive jtour tout ce ({ui est lui. les auiaieut égalenient possédés; le levier eût été aussi puissant, uiais n'ayant plus contre la chaii- et le sang un appui dans la parole expresse de Dieu, que de doutes et de troubles, ce souverain amour eût suscités dans les âmes ! Elles auraient aimé encore comme elles aiment, mais elles auraient dissimulé dans les actes et peut-être caché à tous les yeux cette flamme vive comme on dissimule un honteux amour. C'est hautement que Dieu déclare qu'il veut être préféré ; il ne le permet pas seulement, il l'ordonne à tous dans la mesure qui concilie cet amour avec d'autres devoirs, mais tous les devoirs [)our quelques-uns se résument dans le don de tout soi fait à Dieu.

lAI.

Le panthéisme, qui confond la nature divine et la nature humaine, n'a pas d'adversaire plus redoutable que le dogme de l'incarnation qui les unit; car ce qui exclut au plus haut degré l'identité, c'est l'union.

L'Ej^lise! c'ost la (jiirslinii de la voritô sur la terre.

Qui gardera les gardes? dit un vers latin. Quis nistodiet ipsos custodes? — Je réponds, l'ennemi : e'est l'ennemi qui fait tenir debout la sentinelle.

Un ne peut monter bien haut, ni creuser bien avant sans rencontrer une des deux régions de la vérité féconde, celle des i>erfections de Dieu ou celle de la misère de l'homme.

Dans les matières religieuses, la modération a ses coupables : ce sont les neutres.

92 l'K.NSKKS.

C'est suitoiil dans le sacrifice qu il i'aiil réaliser la Foi,

La religion catholique est comme l'exubérante nature, prodigue de ses trésors jusque dans le désert et en généreuse disproportion, non pas avec les besoins, hélas! mais avec les dispositions qui en profitent.

En tout ce qui n"a pas le mal pour principe. Dieu n'exclut rien, ne sacrifie rien : pas la plus petite vertu à la plus haute, pas la plus petite vérité à la plus grande.

Les miiacles sont les coups d'état de Dieu.

Le cœur du viai chrétien ne peut s'ouvrir sans ({uil s'en échappe de l'or, de l'encens, hélas ! et de la myrrhe !

Pas une chose qui soit à l'abri d'un certain désordre, d'une certaine dégénération : le mal montre sa tête, sa dent aiguë, son venin ; un certain mal est fait, mais il se limite et se répare : le Rédempteur est toujours là qui veille.

Lxvn.

La guerre de religion défensive est la plus noble de toutes ; agressive, la plus odieuse.

La douleur du chrétien monte jusqu'au bord

9i PENSEES.

extrême du vas(\ seulenienl il un a jamais pour lui la goulte qui déboide.

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