A.U COMTE ALBERT DE RESSEGLTER
AU PRIME AUGISTIX GALEIZIN
HOMMAGE HECÛNNAISSANT
A. DE FALLULX
Le lecteur est déjà averti que rien de ce qui fut écrit par Mn^e Swetchine n'était destiné à la publicité; je crois devoir le répéter à ceux qui vont commencer la lecture de ce véritable Traité de la Résignation.
Jamais cette âme incomparable ne s'est montrée plus à découvert que dans la plupart des pages suivantes. La plus fine observation des choses de la terre y brille à côté de la paix anticipée du ciel; des traits dignes de La Bruyère y abondent à côté d'élévations dignes de S. Augustin. La faculté de vivre à la fois de la vie du monde et de la vie de Dieu, sans avoir besoin d'aucun effort pour passer d'une sphère à l'autre, ne s'est jamais montrée avec un caractère plus touchant et plus original, plus séduisant et plus utile. On peut dire d'un seul mot, à ceux qui ont connu Mi"^ Swetchine, qu'ils vont la retrouver elle-même tout entière.
Malheureusement, cette œuvre n'est qu'une ébauche. Personne ne pouvait essayer de l'achever à la place de son auteur. Certaines transitions manquent, quelques points de haute spiritualité sembleront peut-être insuffisamment préparés ou éclaircis; il importe donc de se souvenir queM^n^ Swetchine, n'épanchant sa pensée et son cœifr que pour satisfaire et pour éclairer sa conscience, ne s'est point préoccupée d'initier graduellement l'esprit des autres à son point de vue.
On a lu tout-à-l'heure (1) : « Ecrire au crayon, c'est comme parler à voix basse. » On aura donc une juste idée de l'intention intime qui a présidé à celte composition, quand on saura que plus de la moitié de ce manuscrit inachevé est tracé au crayon.