‹ Sabine de Ségur, en religion sur Jeanne-FrançoiseChapitre 103 sur 116 · CHAPITRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIEME

sourire, îir» rôgûrv* ot ixîx âccôûi. oifîfis t\ pénétrants dont on ne saurait exprimer la douceur.

Vers deux heures, elle s'endormit un peu. En se réveillant, elle sourit : « Je ne sais pas ce que c'est; je ne souffre plus de nulle part. C'est donc comme cela qu'on meurt? Oh ! que c'est bon de mourir ! Il me semble que je suis déjà dans le ciel. » Et se tournant vers sa jumelle qui se tenait près de son lit, elle ajouta avec une sorte de solennité : « Vois-tu, mon Henriette, n'aie jamais peurde la mort : c'est trop bon de mourir I »

Elle répéta la même chose à une de ses amies d'enfance, hôtesse et presque sœur de la Visitation, et elle lui dit ensuite : « Je t'aime ; je t'appellerai bientôt ! » Cette parole enivra d'amour de Dieu celle qui la reçut.

Vers quatre heures et demie, à la chute du jour, les premiers signes de l'agonie commencèrent. Elle ne pouvait presque plus rejeter les mucosités qui s'amassaient dans sa poitrine. Elle n'avait pas de crises d'étouffement, mais elle était de plus en plus oppressée, et dans l'angoisse : « Je n'ai plus de forces, disait-elle de temps en temps. Je crois que ce sera bientôt. » Après quelques moments de silence, elle appela son frère : « Gaston, j'ai de la peine.

«00 SABINE DE StiGUR

Prie et chasse le démon. — Est-ce qu'il te tente, ma pauvre enfant? — Non, mais j'ai le cœur serré. J'ai comme envie de pleurer. Je n'ai plus ce que j'avais ce matin, tu sais? Je ne sons plus l'amour. — Tu ne le sens plus, pauvre chérie; mais i\ y est, il y est de plus en plus. Ne crains rien. Jésus est avec toi, et il approche. — Estce que je suis en agonie ? — Pas tout à fait, mais c'est le commencement. — Oh! si cela pouvait faire bientôt venir mon Jésus ! — Je crois bien ! Encore un peu de souffrance. C'est un reste qu'il t'envoie pour te faire éviter le purgatoire. Probablement, il y a encore quelques petites misères à expier. Tu souffres bien en union avec lui, n'est-ce pas? — Oh! oui, de tout mon cœur ! » Un peu après, il lui dit encore : « J'aurai bientôt le bonheur d'écrire au Saint-Père. Je lui dirai, n'est-il pas vrai, que tu offres ta vie pour lui, pour Rome, pour la sainte Église ?» Il savait, et elle lui avait avoué plus d'une fois, que tous les jours elle faisait d'elle-même cette offrande car elle avait un cœur absolument catholique. — « Oui, certes; oui, oui, répondit-elle; mais j'ai un peu peur, parce que déjà j'y ai été prise. Je me suis souvent offerte en victime pour tous les péchés du monde, avec Jésus, et j'ai tant souffert ! »

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