CHAPITRE PREMIER
-tavec une émotion mêlée de doucour que j." prends la plume pour retracer les traits chéris de la sœur qui nous a quittas, et que, remontant Jusqu'au début de sa rie, j'entreprends de rcdesoendre avec elle le cours paisible et charmant de cette existence si vite parcourue, si saintement remplie, si prématurément terminée. En jetant les yeux sur ces jours écoulés, il me semble que c'est mon propre passé que je regarde : jo m'attendris au souvenirdes joies, des tendresses, des >ertus dont le voisinage fut si doux et si salutaire à mon âme. Hais, quand je me rappelle la simplicité de son aimable enfance, la sérénité constante de sa foi, la générosité de ses
œuvres, l'énergie de son amour et de son sacrifice, je sens trop que c'est sa vie et non Das la mienne que je raconte.
Si cette simple histoire toucne quelques âmes, fait couler quelques larmes pieuses, met une prière sur des lèvres déshabituées à invoquer Dieu, si ces pages, miroir effacé de ce qu'elle fut , contribuent pour leur petite part à faire aimer celui dont elle fut elle même le miroir lumineux et vivant, j'ai la confiance qu'elle me saura gré d'avoir continué son oeuvre en faisant un peu de bien avec son souvenir. Cet écrit, d'ailleurs, est moins une biographie que le portrait d'une âme. Je le présente avec simplicité à ceux qui pensent encore qu'une âme forte et iouce, ardente et pure, est ce qu'il y a de plus ntéressant à étudier, de meilleur à contempler, .le plus divin à aimer en ce bas monde.
Sabine-Félicité de Ségur naquit le 12 mars 1829 au château des Nouettes, dans le département de l'Orne, en Normandie. C'est là qu'étaient nés la plupart de ses frères et sœurs, et que devaient s'écouler les plus heureuses années de sa vie, avant son entrée au couvent. J'étais bien jeune alors, je n'avais pas six ans, et cependant j'ai gardé le souvenir très-présent du jour et de l'heure où ma sœur Sabine vint au