CHAPITRE QUATRIEME
au sortir de ma retraite, de me confirmer dans la certitude que Dieu daigne m'appeler à la vie religieuse, et qu'il ne peut y avoir le moindre sujet d'hésitation. Et maintenant, ayant en moi le sentiment assuré que la volonté de Dieu est que je me consacre à lui, que me reste-t-i» à faire , sinon de suivre cette volonté, sans qu'il me soit même possible de lui en opposer aucune autre, puisque lorsque Dieu parle il faut obéir? Aussi cette voix de Dieu en moi est à la fois si douce et si forte, que je sens que rien désormais ne saurait m'y faire résister ; malgré l'angoisse de quitter tout ce que j'aime, j'ai en moi un fond de paix et de joie inaltérable que vous avez pu remarquer, et qui ne peut venir que de Dieu dont l'amour domine toutes choses. Et pourtant j'embrasse dans toute leur étendue les sacrifices qui découlent de cette vocation ; oh! oui ,je puis le dire, la meilleure preuve que ma vocation est bien divine, c'est qu'elle me donne le courage de sacrifier avec joie, et sans la moindre hésitation, la jouissance habituelle de ces affections de famille qui faisaient la grande partie de ma vie. Mon cher père, ma chère maman, dans le saisissement que va vous donner cette nouvelle, vous aile*, peut-être me reprocher de vous quitter; mar je vous le demande, si j'avais voulu
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et si maintenant encore je voulais me marier, vous trouveriez tout simple que je le fisse, et vous m'aimez assez pour vous réjouir d'un tel événement s'il devait me rendre heureuse. Eh bien, savez-vous la seule différence que j'y aie mise? c'est que nulle créature n'a eu le pouvoir de m'arracher à la grande tendresse que je vous porte, et qu'il a fallu que Dieu lui-même vînt me demander de me consacrer à lui pour que j'abandonnasse ma douce vie au milieu de vous. — Ah ! mon bon père, ma chère maman, ne m'accusez pas d'égoïsme, car s'il est un cœur dévoué pour vous, je puis dire que c'est le mien. Mais comprenez quel est celui qui vient aujourd'hui vous prendre votre fille ; si cette séparation vous est dure selon la chair, pensez que celui qui m'a donnée à vous, est au-dessus de vous et de moi, et que nul n'a le droit de lui demander pourquoi il reprend ses dons 1 — Comprenez aussi que ce n'est pas moi qui m'en vais, car vous pourrez sans cesse venir me voir, et je serai encore en quelque sorte au milieu de vous à la Visitation, vous aimant avec la même tendresse; mais c'est Notre -Seigneur Jésus-Christ luimême qui vient s'ajouter à notre famille en s'unissant à moi. Quelle grâce! Quel grand et solennel mariage, et combien les sentiments d©