CHAPITRE SIXIÈME
enfin et se calma, c'est une sainte 1 » Telle était la vénération que Sabine inspirait aux élèves.
Quand ses forces décroissantes l'obligèrent de se ménager davantage, elle sollicita et obtint du moins la consolation de faire des instructions particulières à quelques-unes des plus jeunes et des plus nouvelles pensionnaires, et elle les continua jusqu'à l'année qui précéda sa mort. Enfin, dans les derniers temps de sa vie, alors qu'elle ne pouvait plus instruire ces chères petites âmes par ses leçons, elle les instruisait encore par sa vue. Ses sœurs lui disaient : « Allez vous promener du côté du pensionnat, cela fera du bien aux enfants ; vous leur parlerez du bon Dieu. » Elle y allait en effet, et rien qu'en la voyant passer et prier, les enfants sentaient grandir en elles l'amour de Celui qui remplissait si visiblement son âme..
Elle aimait aussi, alors que sa santé n'était pas encore affaiblie, à s'occuper de l'instruction religieuse des bonnes filles qui venaient au couvent avec le désir d'être sœurs converses. Plusieurs d'entre elles n'apportaient que de la bonne volonté. Leur religion n'était pas très-éclairée, et il fallait souvent leur rappeler et surtout leur expliquer le catéchisme. C'était pour Sabine une grande joie de leur faire connaître et aimer
mieux son divin Jésus, et de leur parler deji lui: « Voyez-vous, disait-elle, je déborde du} bon Dieu ! J'en ai tant que je ne peux pas me| taire ; si je le renfermais en moi, j'étouiTe-h rais ! »
Parmi les sœurs, elle aimait particulièrement? ses compagnes du noviciat, qui avaient faiwi avec elle l'apprentissage de la vie religieuse.!! Elle les appelait en riant ses enfants, leurpar4i lait avec plus d'abandon et possédait toute leuiii confiance. Avait-on une difficulté, une peinell spirituelle ou temporelle, un embarras de con4| science, un chagrin du dedans ou du dehors I: on venait à elle, on lui disait : « Ma petite sœuili Jeanne-Françoise, priez pour moi, j'en ai grandi besoin, cela presse. » Elle ne s'y refusait jamais,! vous consolait par des marques de tendresse! et de sympathie, parlait de Dieu, des choses!' éternelles, animait au sacrifice, promettait l'assistance divine, tout cela avec une ardeur sereine et une confiance communicative. Puis elle allait se mettre en prière, et le soir venu, elle disait en souriant à ses compagnes : Je suis éreintée de prier pour vous. Tâchez donc de ne plus en avoir tant besoin. » C'est ainsi qu'elle se donnait toute à tous et qu'elle passait sa vie joyeusp. en faisant le bien.