CHAPITRE SIXIÈME
A défait des pénitences eorporelles volonres qu'elle avait dû laisser presque toutes à . orte de la Visitation, elle se faisait une loi et iseillait aux autres d'accepter en esprit de rifice les mortifications inévitables qui vêlent de la nature elle-même. Habituée à ?ser l'été au grand air de la campagne, elle îffrait beaucoup de la chaleur. Elle se proposa
ne pas dire un mot., de ne pas faire un geste i témoignât combien elle en était incommodée,
ne pas même s'essuyer le visage à la châle, pendant qu'elle assistait au Saint-Office, e fit prendre la même résolution à une de : compagnes du noviciat. Le soir, quand elle lit manqué ou cru manquer à cette austère itique, elle s'en accusait humblement près de i amie et elle ajoutait : « Vous le voyez bien, ne sais rien faire pour Dieu ; et cependant, je i là, je le sens, tenez! » Et elle appuyait ses ins sur sa poitrine.
L'amour de Dieu, c'était en effet le fond de vie, l'occupation la plus douce comme la plus portante de sa journée, et tout ce qu'elle uvait arracher aux devoirs de la vie active, e le donnait à la contemplation. Dieu prént dans l'Eucharistie était l'aimant souverain i l'attirait incessamment et dont il lui était
impossible de rester longtemps éloignée . sïle y tendait de toutes les puissances de son Ame : « Dès que j'entre au chœur, disait-elle à une de ses compagnes, c'est fini ! j Le monde tout entier disparaissait ; elle restait seule à seule avec son Dieu!
D'après le témoignage unanime des sœurs qu'elle édifia pendant dix ans, elle leur représentait, dans ses rapports avec le divin Maître, l'apôtre saint Jean reposant au Cénacle sur la poitrine du Sauveur. Elle semblait ne connaître que le sein et le cœur du bien-aimé, son âme était un vrai foyer d'amour. Simple, innocente et confiante comme un petit enfant, elle exprimait par de naïves et profondes paroles ses transports et les délices de son union avec Dieu. « Je brûle, je nage dans l'amour! Notre- Seigneur m'absorbe ! » disait-elle. Puis , elle demandait à ses compagnes si elles n'éprouvaient pas les mêmes effets. Si quelqu'une, conduite par une autre voie, lui répondait qu'elle n'entendait rien à ces impressions sensibles, Sabine n'ayant pas fait encore l'expérience de états pénibles de la vie ^spirituelle, s'écriait en secouant la tête : « Chère amie, votre état m'in quiète ; je crains que vous ne soyez dans la tié-j>j deur ; il faut que je vous réchauffe... » Alors elle