CHAPITRE SIXIÈME
Mtii i;i rassurer. « Mon enfant, lui dit-il en souriant et pour toute réponse, dans l'histoire de votre vie, il y aura le chapitre des naïvetés, et ce scrupule y trouvera sa place. »
Douce et compatissante à toutes les misères, elle aimait à parler de la miséricorde de Dieu ; mais elle se préoccupait aussi de sa justice. Les iniquités politiques et sociales , privées et publiques, dont le bruit arrivait jusqu'à elle, l'effrayaient et l'indignaient : elle priait et faisait prier pour l'accroissement du règne de Jésus-Christ dans les âmes. « Il faut que la justice de Dieu s'accomplisse, disait-elle ; on n'y pense pas assez. C'est un de ses attributs, et il est tant offensé ! On prie toujours pour être délivré dos calamités, et l'on ne pense pas à réparer les outrages faits à sa gloire 1 » Elle priait à cette intention devant une image de la sainte Face, qui se trouvait dans le vestibule de la chapelle Comme on lui demandait ce qu'elle disait à Dieu dans cette prière, elle répondit : « Je demande au Père éternel qu'il regarde la face de son Fils en rTiaration des outrages qu'il reçoit et pour le salut des pécheurs, *
Telle était la vie de Sabine dans ses rapport avec Dieu et avec ses compagnes : elle peut se résumer en un mot qui dit tout, parce qu'il est
l'abrégé de la loi et des prophètes, la charité.' Elle aimait Dieu en toute vérité, et en toute simplicité, et elle aimait le prochain comme elle-même pour l'amour de Dieu. Elle répandait dans tout le monastère le parfum d'une âme vraiment céleste, et l'on peut dire d'elle, sans être accusé d'exagération, qu'elle était, autant que le comporte la faiblesse humaine, la servante fidèle et la digne épouse de Jésus-Christ-