CHAPITRE VII
tes relations de Sabine avec Dieu par l'adoration et la contemplation, avec ses compagnes par la charité, ne remplissaient pas sa vie au point de n'y laisser aucune place pour la famille, les pauvres et le souci des âmes. Le cloître, qui sépare matériellement les religieuses du reste du monde, ne les en isole pas moralement. Il ne les ensevelit pas , comme beaucoup se l'imaginent, dans je ne sais quel égoïsme béat et mystique qui les rendrait insensibles aux affections et aux intérêts extérieurs. La sainteté dilate l'âme au lieu de la rétrécir. La source de l'amour est une : de Dieu, son principe et son étemel objet., il se répand sur les créatures de Dieu, et c'est une règle presque sans exception que les âmes les plus pures sont aussi les plus tendre? et les plus aimantes.
Cette grande loi morale resplendissait en Sabine avec une lumineuse beauté. Elle se donnait toute à tous et à chacun en particulier.
Nulle âme, mise en rapport avec la sienne, nullo souffrance, nulle misère physique Ou morale, ne lui semblaient indifférentes. Elle apportait à les servir et à les consoler l'ardeur qu'elle mettait à aimer son divin Jésus. D'abord et pardessus tout, elle les aidait par la prière, de tous les secours le plus efficace et le plus ordinairement négligé. Son oraison pour ceux quelle aimait, pour le soulagement des pauvres, pour la conversion des pécheurs, était continuelle. Elle ne laissait passer aucun anniversaire de famille» aucun jour de naissance, de fête ou de deuil, sans le consacrer par de longues prières et presque toujours par une fervente communion, doublement heureuse ainsi de donner et de recevoir. Si la règle et le temps le lui permettaient, elle adressait aux siens ce jour-là quelques lignes sorties toutes brûlantes de son cœur. 4u jour de l'an, à Pâques, à l'époque des premières communions, elle ne manquait pas l'envoyer à ses neveux et nièces quelque sou venir de la Visitation , une image, un petit objet travaillé de ses mains, aussi touchant par sa pauvreté que par l'intention de celle qui le donnait. Ces étrennes de la Visitation étaient fort chères aux enfants de la famille, d autant plus que les bonnes sœurs y ajoutaient in varia-