CHAPITRE SEPTIEME
d'entendre la messe le dimanche et de remplh ses devoirs religieux. Désolée de la pensée que les intérêts de cette âme étaient sacrifiés à ceux de la vie matérielle, elle se remit en campagne et n'eut pas de cesse qu'elle ne lui eût obtenu un changement de position. A force de prières et d'instances, elle y réussit enfin, à sa grande joie et à celle de son protégé, bon et fervent chrétien. « Il faut toujours, lui écrivait-elle à cette occasion, faire passer le devoir religieux en premier ; car souvenez-vous bien que notre âme a besoin d'être nourrie autant et plus que notre corps ; or, ce qui la nourrit, c'est la prière et la réception des divins sacrements. »
Elle ne se contentait pas de penser à sa famille, de prier pour ceux qu'elle aimait, de quêter par lettres pour ses pauvres. Elle se donnait plus directement à tous au parloir : jamais elle n'hésitait à quitter les pieds du Sauveur pour aller trouver les personnes qui venaient du dehors frapper à la porte de son cœur. Le parloir joue un rôle considérable dans les couvents oloîtrés. C'est le point de communication des religieuses avec le monde quelles ont quitté, le lieu où les âmes, les personnes, les intérêts du dedans et du dehors se rencontrent, où la nature et la grâce, les choses du ciel et de la terre se
donnent rendez-vous et se pénètrent mutuellement. Le parloir voit couler bien des larmes dont il change souvent l'amertume en douceur; il entend bien des confidences, il est témoin aussi de joyeux entretiens, et ses échos pourraient répéter de gais et francs éclats de rire ; car les religieuses ressemblent en beaucoup de points aux enfants, et à elles s'applique admirablement cette belle parole de l'Évangile : « Laissez les petits venir à moi, car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent.» C'est par le parloir que leur sérénité, leur charité, leurs aimables vertus passent et rayonnent aux yeux du monde, comme elles rayonnent aux yeux toujours ouverts de Dieu, dans l'obscurité de leurs cellules et les saints mystères de leur vie cachée.
A la Visitation, la grille qui sépare h parloir en deux parties par respect pour la clôture, n'empêche nullement les religieuses de voir ni 'd'être vues. Elle n'empêche même pas leurs parents de leur donner la main, et Sabine aimait à garder dans les siennes celles des enfants qui venaient la voir. Nulle règle étroite d'aiUeurs pour les jours et les heures de parloir. Sauf les époques de pénitence, telles que le Carême et TAvent, et le moment des offices, sauf aussi