CHAPITRE SEPTIÈME
f autorisation de la supérieure qui est toujours demandée, les religieuses y peuvent être appelées en tout temps, et l'esprit le plus large et le plus confiant préside à leurs relations avec leur .ami lie.
Dans les premiers mois qui suivirent son entrée en religion, Sabine fut assiégée de visites, non- seulement de la part de ses parents, mais des nombreux amis qu'elle avait laissés dans le monde. Elle s'inquiéta d'abord de ce concours qui l'appelait sans cesse au parloir et la troublait dans son recueillement. Mais ses supérieures la rassurèrent. Elles lui firent comprendre que c'était un devoir de charité de répondre affectueusement à des preuves si touchantes d'affection et lui prédirent d'ailleurs que ce beau zèle se refroidirait bien vite , et que chaque mois, chaque semaine verrait diminuer le nom bre de ses visiteurs. La prédiction se réalisa de point en point. Les religieuses sont mortes au monde, et le monde oublie vite les morts. Son père, sa mère, ses frères et sœurs seuls continuèrent à la venir voir assidûment. Quelques vrais amis, quelques parents tendres et pieux la demandèrent de loin en loin au parloir. La discrétion et plus encore l'oubli dispersèrent les autres visiteurs. Même, quand l'été éloignait de
Paris sa famille intime, elle restait quelquefois des semaines entières sans autres visites que celles des pauvres qu'elle avait secourus et qui venaient à elle maintenant quelle ne pouvait plus aller à eux. Elle avouait simplement et sans aucun scrupule que l'absence de ses parents lui était pénible, et quand une circonstance fortuite les ramenait, en passant, à Paris et à la Visitation, elle leur témoignait une joie très-vive de les revoir. Elle était si bien revenue de ses premières inquiétudes à ce sujet et témoignait tant de joie quand l'un des siens venait la visiter, que les sœurs l'appelaient en riant : Notre-Dame du Parloir.
Elle s'intéressait à tous les événements de famille comme du temps où elle participait à la vie commune. Elle ne tarissait pas de questions sur les enfants, sur leurs progrès, sur l'état de leurs petites âmes, sur la santé de tous, sur les projets de voyage de chacun. Elle demandait des nouvelles de Bretagne et de Normandie, de ses chères Nouettes, de la maison paternelle, des paysans, des pauvres, des animaux même et des grands arbres du parc qui avaient leur histoire et leur nom et qui vivaient dans ses souvenirs. Elle n'oubliait rien ni personne. Que de bons conseils elle versa dans les esprits et dans les