‹ Sabine de Ségur, en religion sur Jeanne-FrançoiseChapitre 80 sur 116 · CHAPITRE HUITIÈME i · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME i

Je m'essaie aussi à m'habiller, à faire le plus d?, choses possibles sans y voir, afin qu'on ne soif pas obligé de tout faire pour moi ... .» Puis anft larme coulait de ses yeux; mais elle la refoulait aussitôt. Elle ne voulait ni attendrir, m s'attendrir sur son infirmité. Jamais un mot de plainte ns sortait de sa bouche. Quelquefois, en voyant ses compagnes surchargées d'occupations, elle commençait à dire : « Que vous êtes heureuses de travailler pour la Communauté, je voudrais tant vous aider ! » Mais sa résignation, l'amour et le besoin delà contemplation reprenant aussitôt le dessus, elle ajoutait d'un ton joyeux : « Oui, mais, si je pouvais travailler comme vous, je ne pourrais plu« autant prier , et sans la prière , sans le Saint-Sacrement , je ne pourrais pas vivre! Allons, décidément j'aime encore mieux ma voie que la vôtre ! »

Néanmoins, elle cherchait tous les moyens de se rendre utile et en trouvait beaucoup. Un soir, à la récréation, causant avec ses sœurs, elle leur dit gaiement : « Vous ne savez pas ce »que j'ai pensé aujourd'hui ? J'en ai ri toute seule. Celles de vous qui passent pou** être capables peuvent à peine remplir un emploi ; et moi, qui ne semble bonne à rien, j'en remplis une douzaine l » Et comme on se récriait, elle les

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énuméra ainsi qu'il suit : « 1° Assistante du noviciat ; 2° Aide au pensionnat ; 3° Aide à la sacristie ; 4° Assistante des ouvriers ; S0 Assistante des parloirs ; 6° Assistante intime de l'économe pour les affaires graves, sa coadjutrice et admonitrice au besoin si elle ne marche pas droit ; 7° Aide de la sœur portière ; 8° Aide à la roberie pour dévider la laine ; 9° Aide à la lingerie pour plier les mouchoirs ; 10° Aide au jardin pour arroser les fleurs du T. S. Sacrement; 11° Sonneuse ; etc., etc. »

C'est ainsi qu'elle trouvait moyen de servir encore la Communauté et d'égayer ses compagnes par son généreux enjouement. Elle aimait aussi à exercer son zèle auprès des ouvriers qui, vers cette époque, furent employés à reconstruire les bâtiments du pensionnat. Elle ne perdait pas une occasion de leur dire une parole pieuse, de leur donner un bon conseil, un bon livre, une médaille de la sainte Vierge et de les ramener doucement à l'amour du Sauveur. C'est ce qu'elle entendait par ces mots : « assistante des ouvriers. »

Fidèle à la sainte pauvreté dont elle avait fait le vœu, elle voulut rendre le papier à lettres, l'encrier et les plumes dont sa vue ne lui permettait plus de faire usage : « Tout cela m'est

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