‹ Sabine de Ségur, en religion sur Jeanne-FrançoiseChapitre 82 sur 116 · IS6 SABINE DE SÉGUR · texte numérisé non relu

IS6 SABINE DE SÉGUR

d'humilité, mais répondait simplement : « Il faut en remercier Dieu » et parlait d'autre chose. Quand les sœurs examinaient quelque objet extraordinaire ou précieux, elle ne s'approchaii pas pour le regarder. Si on lui disait : « Vous pouvez voir aussi, avancez, » elle répondait doucement : « C'est inutile. J'ai fait le sacrifice de ne plus voir. Ce n'est pas la peine d'user le peu de vue qui me reste. »

Elle avait fait le même sacrifice en ce qui concernait la lecture. Dans les premières années de sa vie religieuse, elle lisait beaucoup. Les écrits de saint François de Sales et de sainte Jeanne de Chantai, les psaumes, les épîtres de saint Paul, et surtout l'Évangile, faisaient ses délices. Elle goûtait fort aussi la Vie des Saints, principalement des confesseurs de la foi, des vierges romaines et des martyrs. Mais en lui ôtant la possibilité de lire, Dieu lui en ôta le besoin, ou plutôt, il lui donna la force d'en sacrifier le goût et l'habitude. Quand on lai offrait de lui faire la lecture, elle remerciait gracieusement : a Je n'en ai pas besoin, disait-elle ; j'ai assez de ce que mon frère me lit, cela suffit à nourrir mon âme. »

Son frère venait en effet cnaque semaine au parloir lui lire, pour la consoler et la consulte!

Page 1