DIAGNOSTIC ET PRONOSTIC
On est mis sur la voie du diagnostic par les éléments suivants: sujet de 16 à 30 ans, présentant une douleur lombaire, soit médiane, soit dans l’angle spino-iliaque, avec ou sans irradiations, exagérée par la marche et les mouvements,. fiexion du tronc, mouvements de latéralité. Les déformations de la région lombosacrée orientent encore le diagnostic. |
T1 faut alors recourir à la radiographie, et, si possible, radiographier les dernières dorsales, toute la colonne lombaire et tout le saäcrum. È
On pourra ainsi noter les malformations de la cinauième vertèbre, les lésions associées, voir le degré de la malformation, son unilatéralité ou sa bilatéralité, ete.
Avee quoi peut-on confondre la sacralisation douloureuse ?
Avec toutes les douleurs chroniques de la région (Mauclaire) :
Entorse vertébrale inférieure où sacro -verticale, Entorse sacro-ihaque,
Lumbago traumatique,
Lumbago rhumatismal,
Sacro-coxalg'ie,
Ostéite du bassin,
ce — 93 —
Névralgie sciatique, ischiatique, coccygienne, Névrite de la queue de cheval,
Névralgie ilio-lombaire,
Lombarthrie intermittente,
Hydronéphrose intermittente, Pyélonéphrite,
Lithiase rénale,
Urétérite, appendicite, entéroptose, métrite, Neurasthénie, ete.
É faire ce diagnostic? Lucien Michel en a bien montré les étapes:
a) Quand les douleurs lombaires et irradiées sont le seul symptôme, le diagnostic est difficile, car on peut penser | aux affections les plus diverses, aux névralgies sciatiques, coecygiennes, à la sacro-coxalgie, aux affections rénales : ptose, lithiase, pyélonéphrite, à l’appendicite chronique, au mal de Pott au début, au rhumatisme vertébral, au lumbago, ete. |
T1 faut alors utiliser les éléments suivants, ainsi que l’indiquent Nové-Josserand et Rendu:
1° La ressemblance des symptômes de la sacralisation avec ceux des autres affections est vague et lointaine (avec la sacro-coxalgie: il n’y a pas le signe de la douleur à l’écartement ou au rapprochement des aîles iliaques ; avec le mal de Pott:il manque la douleur précise sur une vertèbre, la saillie d’une apophyse épineuse fait défaut, la raideur est moins accentuée, les mouvements limités sont ceux d’inclinaison latérale et de rotation, plutôt que ceux de flexion et d’hyperextension; avec les névralgies: les irradiations sont moins précises, etc.
90 Le mode d'apparition et d'évolution des accidents douloureux liés à la sacralisation est souvent assez caractéristique : apparition sans cause chez un saeuie jeune de
RE
“douleurs persistantes ou se reproduisant à intervalles vatiables, sans troubles de l’état général, sans signes de lésion osseuse ou nerveuse. Le diagnostie est diffeile si la douleur apparaît tardivement après une ehute ou une crise de rhumatisme.
3° La concordance du siège des douleurs avec celui de la sacralisation est également un indice qui n’est pas sans valeur: irradiations douloureuses du côté de la malformation, irradiations symétriques en cas de bilatéralité.
4° Il est indispensable de rechercher et de préciser les points de contact osseux par des radiographies multiples prises sous des incidences variables.
b) Quand les douleurs sont associées à d’autres symyptômes, ceux-ci sont utilisés pour réconnaître l’affection simulant la sacralisation.
Dans le mal de Pott lombaire inférieur, læ raideur est plus prononcée, la limitation des mouvements est plus marquée pour la flexion que pour l’inelinaison latérale et la rotation, contrairement à ce qu’on observe dans la sacralisation.
Il faut dans la sacralisation unilatérale, éliminer la scoliose commune, la scoliose congénitale.
Il sera plus difficile d'éliminer les spondylites syphilitique ou néoplasique. L'étude des antécédents, l’examen complet du sujet, la réaction de Wassermann, la notion d’un cancer viscéral, mettront sur la voie du diaenostic.
Le mal de Pott peut débuter par une déviation latérale avec douleurs irradiées, il faut y penser.
Le début brusque d’une sacralisation après traumatisme est possible, éliminer dans ce cas l’entorse vertébrale, l’entorse sacro-iliaque, la luxation et la fracture
En somme, le diagnostic se fait par la radiographie
os
pour la malformation vertébrale, mais dans tous les cas, avant de conclure à la sacralisation douloureuse, il est indispensable de rechercher systématiquement si wne af- - fection concomitante ne peut expliquer les symptômes, observés.
L'étude des antécédents, un examen clinique complet avec étude attentive du rachis, des nerfs, de l’appareil urinaire sont nécessaires avant de condure.
Dans les cas douteux, on peut recourir au moyen indi- qué par Lance qui, chez un sujet, traite successivément pour une coxalgie et pour une appendicite, montra quë les douleurs étaient dues à la sacralisation en les suppri- mant momentanémet par une injection profonde de novocaïne dans l’orifice lombo-sacré,
Le PRoNosTIC dans les cas accentués peut être considéré comine grave, ear la sacralisation entraîne une impotence sérieuse.
Certains sujets éprouvent des douleurs irradiées ca nues, d’autres présentent des troubles nerveux sorieux. . Parfois la répétition fréquente des crises rend la vie très pénible aux malades.
Mais on comprend que les degrés nombreux de sacralisation donnent des degrés de gravité très variahles, on ne peut comparer une sacralisation avec simple contact avec une soudure de l’apophyse au sacrum ou à l’os iliaque avec compression nerveuse. Beaucoup de sacralisations ne s’accompagnent d'aucun trouble, d’autres ne donnent aue des accidents légers, d’autres enfin s’accompagnent ‘de troubles graves. ;